CINEMA ET LAICITE

mardi 9 décembre 2014
par  Gérard

Surprenant ce texte de l’affiche du film de Monsieur Abd al Malik : associer le nom de la France à une formule spécifiquement religieuse de bénédiction, c’est ignorer, ou feindre d’ignorer que la France n’est placée sous les auspices d’aucune espèce de dieu, mais qu’elle a une république laïque, c’est-à-dire ne reconnaissant aucun culte.( voir colonne de gauche : Principes définissant la laïcité en France )

Le film étant autobiographique assure Monsieur Abd al Malik, et comme il a grandi et vécu en Alsace, on peut toujours penser qu’il n’aura jamais entendu parler de la laïcité, ces départements, avec la Moselle, fonctionnant toujours sous le Concordat napoléonien ! Il est à noter aussi que dans son entretien sur France 2 il ne prononça jamais le mot. Cependant pour un étudiant allé jusqu’aux classes préparatoires littéraires, c’est un peu suspect.

Mais ce qui nous importe ici c’est que le titre de son film est contraire à la Constitution, et qu’il ne peut donc rester en l’état, aussi en informons-nous la Ministre de la Culture.

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Commentaires

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CINEMA ET LAICITE
vendredi 19 décembre 2014 à 14h18 - par  Laurent Gensac

D’ALLAH AU CINÉ À JÉSUS EN CRÈCHE, LA LAÏCITÉ MALMENÉE

Après le titre d’un film, c’est au tour des crèches de l’enfant Jésus de prendre le relais dans le non- respect de la laïcité de la République française ! Et oui, c’est une attaque en règle des trois monothéismes, en perte de fidèles depuis plusieurs années, à sonner du cor contre la République, à un moment, il est vrai, où la situation politique de la France, n’a jamais été aussi catastrophique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il en est toujours ainsi : quand la raison s’abaisse, la bête se redresse.

Et c’est tout naturellement dans la droite extrême que ces actes se produisent, avec leurs sempiternelles litanies sur les traditions et le nationalisme surmultiplié et la religion.

Tel le dénommé Ménard, Robert de son prénom, fraichement élu maire de Béziers s’autorise le droit de ne pas respecter les lois de la République ! Et pas qu’un peu : en effet il a pris la décision de dresser dans la mairie une crèche de l’enfant Jésus, puis d’inviter ( son acceptation n’a rien de surprenant ) le président du consistoire israélite de Béziers à y déposer son chandelier rituel pour fêter Hanoukka.

Ainsi ce monsieur, élu de la République, représentant de l’État, passe outre, non seulement à l’application de la loi de Séparation des Églises et de l’État, mais au contrôle de l’autorité supérieure qui est celle du Préfet ! Une plainte a été déposée devant le Tribunal administratif de Montpellier et la Ligue des droits de l’homme s’y est associée. Mais ce n’est pas suffisant, c’est à tous les républicains laïques de France de la soutenir en écrivant au Tribunal.

Même cas de figure en Vendée ; heureusement le Tribunal administratif de Nantes a validé la décision du Conseil général de Vendée d’interdire les crèches dans des lieux représentant l’État ; mais cela n’a pas empêché le sénateur vendéen B. Retaille( UMP ) mécontent, de déclarer que : « Les crèches c’est d’abord notre patrimoine culturel à nous tous. »

Et non Monsieur le sénateur ! Les crèches ce n’est point un fait culturel, mais cultuel, et donc il ne concerne pas la République, et en plus il ne s’adresse pas à tous, comme vous le prétendez si faussement, mais seulement aux chrétiens !

C’est pourquoi les crèches doivent être dressées dans les églises et non dans les mairies ! Même son de cloche, même consternation, dans les propos du maire ( UMP ) de Domont dans le Val d’Oise pour qui les crèches appartiennent au « patrimoine de la culture française. »

En parlant et en agissant de la sorte, non seulement on ne respecte pas la loi, mais on la déforme, on la dénature, on lui donne un sens qu’elle n’a pas, qu’elle n’a jamais eue, qu’elle ne peut avoir ; derrière ces propos issus du temps passé, c’est l’ignorance que l’on arrose en espérant qu’elle croîtra à nouveau pour raviver l’obscurantisme, l’intolérance religieuse et figer les consciences.

Mais ces écarts inadmissibles de la part d’élus de la République, ne sont que les épiphénomènes provocateurs et révélateurs d’une politique bien trop laxiste vis-à-vis de la laïcité, pratiquée en haut lieu par les gouvernements successifs de la République et de leurs présidents depuis des décennies ; un seul exemple suffit à illustrer l’ampleur du dégât : la laïcisation du Panthéon que nous demandons, ici sur ce site, en application précisément de l’article 28 de la loi de Séparation des Églises et de l’État qui « interdit d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit » ne semble pas encore devoir être retenue par le président de la République, c’est dire !

Cette loi gêne tous ces messieurs, on le comprend, mais la République française a fait un grand pas avec elle dans la coexistence entre les options spirituelles, dans la liberté individuelle et dans la paix civile, car ce qui est commun à tous ce sont les lois de la République, et non les lois du Livre ; alors nous resterons vigilants, nous la défendrons, comme nous le faisons, comme nous l’avons toujours fait, et nous dénoncerons tous les colporteurs révisionnistes de quelque bord qu’ils soient.

Laurent Gensac

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CINEMA ET LAICITE
jeudi 11 décembre 2014 à 16h48 - par  Diogène

Diantre ! vous poussez le bouchon un peu loin...

Athée pratiquant (grâce à dieu ;0) je comprends le fond mais réfute la forme.

Selon le résumé du film : "Enfant d’immigré, il traîne avec ses potes au milieu des tours d’une cité de Strasbourg, où il a été élevé par une mère catholique avec ses deux frères. Il tombe dans la délinquance, puis excellera dans la musique et la littérature, se convertira à islam et découvrira l’amour. Un portrait, ni noir ni blanc, d’un jeune homme imparfait, mais plein de talents."

Bon Abd el Malik est musulman et en partie chrétien (pas de bol) et décrit son parcours de petit délinquant à rappeur connu. Dans l’état actuel des choses ou des surgeons de Al Qaïda (EU et DAECH) en appelle à une guerre sainte contre notre pays (entre autres), et on une extrême droite en appelle à une contre-guerre sainte, le film apparement pacifique du rappeur et le titre provocateur, qui enervera surement plus d’un djihadiste (rappelant le God Bless America) et d’un fondamentaliste chrétien, ne me pose pas plus de problème que cela.

Il ne me convertira pas plus à l’islam ou à l’acceptation d’un islam qui serait une religion de paix, comme toutes les religions le clame, mais il ne valait pas, selon moi, l’envoi d’une lettre ampoulée à la sinistre de la culture en place, qui rétorquera surement que la liberté n’interdit pas de citer un dieu (qui ne régit que ceux qui croient en lui)avec le nom d’un pays (qui n’est même plus régit pas les hommes politiques censés le protèger).

Si un jour un athée devait faire un film se nommant : La France contre Dieu, écririez vous cette même lettre ?

Pas sur. Un simple article dans ce site aurait suffit je pense....

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mardi 16 décembre 2014 à 06h28 - par  athee

Le titre du film est mal approprié ,.La lettre au ministre devrait être prise en compte.