Commune de Paris

dimanche 31 mai 2015
par  Le Président

Hier, nous étions une fois encore présents au cimetière du Père La Chaise, sur le Mont-aux-Vignes de Paris, face au Mur des Fédérés, pour la Commémoration de la fin de la Commune de Paris le 28 mai 1871.

Cette forme de gouvernement, il faut le rappeler, a pris la décision pour la première fois en France, par son décret du 3 avril 1871 de séparer l’État de l’Église et d’affirmer ainsi le principe de laïcité ; l’idée avait été prise à l’école Turgot et soumise par les délégués de la société l’« Éducation nouvelle » dans leur rapport ( lire ci-dessous ) à la Commune le 26 mars.

Louise MICHEL 1830-1905

A la Commune de Paris,

Considérant la nécessité qu’il y a, sous une république, à préparer la jeunesse au gouvernement d’elle-même par une éducation républicaine qui est toute à créer ;
Considérant que la question de l’éducation, laquelle n’est exclusive d’aucune autre, est la question mère qui embrasse et domine toutes les questions politiques et sociales, et sans la solution de laquelle il ne sera jamais fait de réforme sérieuses et durables ;
Considérant que les maisons d’instruction et d’éducation entretenues par la commune, ou par le département, ou par l’État, doivent être ouvertes aux enfants de tous les membres de la collectivité, quelles que soient les croyances intimes de chacun d’eux ;
Les soussignés, délégués de la société l’ « Éducation nouvelle », demandent d’urgence, au nom de la liberté de conscience, au nom de la justice :
Que l’instruction religieuse ou dogmatique soit laissée tout entière à l’initiative et à la direction libre des familles, et qu’elle soit immédiatement et radicalement supprimée, pour les deux sexes, dans toutes les écoles, dans tous les établissements dont les frais sont payés par l’impôt ;
Que ces maisons d’instruction et d’éducation ne contiennent aux places exposées aux regards des élèves ou du public aucun objet de culte, aucune image religieuse ;
Qu’il n’y soit enseigné ou pratiqué, en commun, ni prières, ni dogme, ni rien de ce qui est réservé à la conscience individuelle ;
Qu’on n’y emploie exclusivement que la méthode expérimentale ou scientifique, celle qui part toujours de l’observation des faits, quelle qu’en soit la nature, physiques, moraux, intellectuels ;
Qu’enfin les corporations enseignantes congréganistes ne puissent plus exister que comme établissements privés ou libres.
La qualité de l’enseignement étant déterminé tout d’abord par l’instruction rationnelle, intégrale, qui deviendra le meilleur apprentissage possible de la vie privée, de la vie professionnelle et de la vie politique ou sociale, la société l’ « Éducation nouvelle » émet, en outre, le vœu que l’instruction soit considérée comme un service public de premier ordre ; qu’en conséquence elle soit gratuite et complète pour tous les enfants des deux sexes, à la seule condition du concours pour les spécialités professionnelles.
Enfin, elle demande que l’instruction soit obligatoire, en ce sens qu’elle devienne un droit à la portée de tout enfant, qu’elle que soit sa position sociale, et un devoir pour les parents ou pour les tuteurs, ou pour la société.

Au nom de la société l’Éducation nouvelle, les délégués nommés dans sa séance du 26 mars 1871, à l’École Turgot. ( Suivent les noms et adresses des citoyens.)

La Commune de 1871, Paris, Editions de Delphes, p. 78-79


Commentaires

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Commune de Paris
samedi 13 juin 2015 à 16h59 - par  Gérard

Voici la chanson de Jean-Roger Caussimon sur La Commune ; chanson qui était à la fin du film de Tavernier, Le Juge et l’assassin

http://dai.ly/x3r80v

La Commune est en lutte

 
Sans doute mon amour
On n’a pas eu de chance
Il y avait la guerre
Et nous avions 20 ans
L’hiver de 70 fut hiver de souffrance
Et pire est la misère
En ce nouveau printemps
 
Les lilas vont fleurir
Les hauteurs de Belleville
Les versants de la butte
Et le bois de Meudon
Nous irons les cueillir
En des temps plus faciles
La Commune est en lutte
Et demain nous vaincrons
 
Nous avons entendu
La voix des camarades
Les Versaillais infâmes
Approchent de Paris
Tu m’as dit avec toi
Je vais aux barricades
La place d’une femme
Est près de son mari
 
Quand le premier de nous
est tombé sur les pierres
En dernière culbute
Une balle en plein front
Sur lui tu t’es penchée
Pour fermer ses paupières
La Commune est en lutte
Et demain nous vaincrons
 
Ouvriers paysans
Unissons nos colères
Malheur à qui nous vole
En nous avilissant
Nous voulons le respect
Et de justes salaires
Et le seuil des écoles
Ouvert à nos enfants
 
Nos parents ne savaient
Ni lire ni écrire
On les traitait de brutes
Ils acceptaient l’affront
L’égalité la vraie
Est à qui la désire
La Commune est en lutte
Et demain nous vaincrons
 
Les valets les tyrans
Etaient en plus grand nombre
Il a fallu nous rendre
On va nous fusiller
Mais notre cri d’espoir qui va jaillir
Le Monde le Monde va l’entendre
Et ne plus l’oublier
 
Soldats obéissez
Aux ordres de vos maîtres
Que l’on nous exécute
En nous visant au cœur
De notre sang versé
La liberté va naître
La Commune est en lutte
Et nous sommes vainqueurs
 
La Commune est en lutte
Et nous sommes vainqueurs.
 
( Paroles et musique, Jean-Roger Caussimon )

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