L’EL le "Cheval de Troie" des USA ? (3)

lundi 6 juillet 2015
par  Laurent Gensac

Mais qu’en est-il des valeurs humanistes universelles ?

Le premier ministre, Manuel Valls l’a répété ce 28 juin avec fermeté à la suite d’un acte perpétré dans l’Isère qui, dans sa technique – la décapitation – pourrait faire penser à un attentat « terroriste » : « Nous sommes en guerre contre le terrorisme, une menace qu’il faudra combattre dans la durée. Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c’est au fond, une guerre de civilisation. Daech , ses organisations terroristes, ses succursales au Yémen, au Sahel et dans d’autres pays, veulent combattre nos valeurs, non pas les valeurs de l’Occident, mais les valeurs humanistes qui sont universelles. »
Cependant, aux dernières nouvelles, il semblerait que cet acte horrible ne soit qu’un règlement de compte personnel ; l’auteur ayant avoué qu’il n’avait aucun rapport avec le « terrorisme » de la bande à Daech.
Mais, peu importe, le fait vient à point nommé pour continuer à mobiliser la population française à cette idée que « nous sommes en guerre » et alimenter, raviver « l’esprit du 11 janvier ».

Or, une fois encore, comment se peut-il que ce-dit Etat islamique continue ces tueries un peu partout, même jusque chez nous, au nez et à la barbe de l’imposante Coalition internationale qui le surveille, le poursuit, le traque, le bombarde mais qui, apparemment ne parvient pas à le stopper tant il semble insaisissable ? Qui peut donc encore croire à çà ?
En effet les éléments comptables relèvent des seuls services US et la confiance dans les chiffres affichés est forcément douteuse car ils sont toujours donnés au conditionnel. Mais quel crédit peut-on accorder à ce pays sans nom, qui a un parti « républicain » mais qui n’a pas de république, qui a commis au Japon en août 1945 le plus grand crime contre l’humanité mais qui reste impuni…

Enfin affirmer, comme le dit le premier ministre, que l’EI combat nos valeurs humanistes et universelles, c’est placer la barre un peu haut et oublier que l’humanisme français n’a pas toujours été ce qu’il prétend qu’il est, et ce qu’il est en train de redevenir ; c’est-à-dire qu’en s’associant à cette Coalition nos droits de l’homme redeviennent ce qu’ils furent à l’époque, pas si lointaine, du colonialisme français, où ils étaient apportés à l’aide du « sabre et du goupillon » et qu’il est donc permis aujourd’hui encore de douter du caractère des valeurs humanistes et universelles qui s’en suivent ; il serait plus juste de parler, non pas de droits de l’homme universels, mais du droit seul des nations les plus fortes économiquement et militairement à conserver et à imposer leur vision du monde à l’ensemble des nations de la planète.

Laurent Gensac

Illustration

Jossot, 1902, « Deux d’un coup !... C’est superbe !... Tu auras la croix ! », L’Assiette au beurre, ( Leemage ).


lire les articles précédents ainsi que les commentaires :
L’EL le "Cheval de Troie" des USA ? (2)
L’État islamique : le « Cheval de Troie » des USA ? (1)


Commentaires

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L’EL le "Cheval de Troie" des USA ? (3)
vendredi 21 août 2015 à 21h21 - par  Le Président

On apprend que l’État islamique, que nous avons, nous ici, tout de suite dès le 12 octobre 2014, désigné comme n’étant que le Cheval de Troie des USA au Moyen Orient avec pour but la déstabilisation de la région, et que l’on peut aujourd’hui sans craindre de se tromper appeler Le Cheval de Troie de la Coalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie, on apprend donc, une fois encore, que cet État terroriste, sanguinaire, dévastateur, mais qui cependant se prête volontiers à des interviews, à des documentaires filmés, à poser le visage soigneusement masqué, devant les photographes d’Agences en toute tranquillité, vient de décapiter le directeur du Site antique de Palmyre en Syrie, et qu’ensuite dans la barbarie qui le caractérise, a suspendu le corps de ce malheureux de 82 ans à un poteau !

Et même, tenez-vous bien, il s’apprête à prendre d’assaut la ville d’Istanbul en Turquie !

Tout cela au nez et à la barbe de la puissante Coalition internationale qui affirme le traquer, le poursuivre, le bombarder, le détruire, l’anéantir, avec des moyens militaires, stratégiques et diplomatiques colossaux ! Notre Premier ministre ne déclarait-il pas récemment : « Nous sommes présents dans une Coalition en Irak, avec nos Mirages et nos Rafales, nous combattons ce terrorisme. » ( France Inter, 23/04/20105 )

Alors devant l’incurie manifeste de cette Coalition, il nous semble qu’il ne peut y avoir aujourd’hui, si l’on veut rétablir la civilisation dans cette région et éviter que la nôtre ne disparaisse, d’autre option que d’ouvrir la Coalition en urgence à des États membres de l’ONU, qui ont par leur potentiel militaire la possibilité de participer efficacement à la neutralisation finale de ce soi-disant EI.
Savoir la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil par exemple !

Dans le cas de refus de la part des USA, de la France, etc., ce serait se dévoiler, avouer qu’ils ne combattent pas l’EI, mais qu’ils l’entretiennent, le protègent, le cajolent à leur guise et nous trompent ignominieusement pour mettre en place leur hégémonie économique et politique sur la planète.

Ce n’est pas à prendre à la légère… Il faut arrêter de mentir aux Peuples.

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L’EL le "Cheval de Troie" des USA ? (3)
dimanche 26 juillet 2015 à 10h26 - par  Le Président

Le mot « terrorisme » camarade !

Il ne se passe pas une heure dans la journée sans qu’on entende prononcer ou qu’on lise ce mot : « terrorisme » ; les medias, tous les medias, en raffolent et le répètent toutes les heures sur les chaînes de radio ou de télévision, tels des perroquets, lorsqu’il apparait dans les propos tenus par les plus hautes autorités de la nation, afin de persuader les auditeurs de sa véracité.
Ce matraquage médiatique, on le sait, dure depuis août 2014, un an dans quelques jours ; il est le thème de ralliement de la Coalition internationale soi-disant en lutte contre le soi-disant Etat islamique, notamment depuis l’attentat contre le journal Charlie-Hebdo, ce 7 janvier à Paris.

Certes les actes criminels de Daech peuvent être assimilés dans leurs formes à des actes dits « terroristes » parce qu’isolés, difficilement, dit-on, repérables. Mais est-ce bien du « terrorisme » là est la question. Cela se pourrait si les citoyens de cet état islamique, par leurs actions violentes, défendaient leur propre territoire et revendiquaient leur liberté, contre un état agresseur ; ou bien si cet état islamique avait pour gouvernement un système de terreur. Or, ce n’est absolument pas le cas : cet état, physiquement, territorialement, linguistiquement ne figure nulle part. On s’est exprimé déjà, ici, sur ce point.

Par conséquent le mot « terrorisme » est utilisé de façon impropre pour qualifier les actions de Daech : il sème la terreur, ça oui, mais ce n’est pas pour autant des « terroristes ».
Et donc il est faux de déclarer que la France « est en guerre contre le terrorisme », idée dans laquelle on voudrait nous entraîner.

On sait, en France, ce qu’est un « terroriste » : c’était le nom utilisé par l’occupant nazi de 1940 à 1944 pour qualifier les résistants, communistes athées en majorité, qui luttaient, parfois par des actes violents, pour libérer le pays : « Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau, tuez-vite !…Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe… »
Et c’est ce qui se passe aujourd’hui encore quand un pays en occupe un autre, ou tente par la déstabilisation, la corruption puis la guerre de s’en emparer selon une politique colonialiste bien rodée.

On se rappelle aussi, par exemple, l’analyse faite par le président de la République de Gaulle en 1967, après la guerre des Six-Jours menée par Israël contre les États arabes : « Maintenant, déclara-t-il, il ( Israël ) organise sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppressions, répressions, expulsions, et il s’y manifeste contre lui la résistance, qu’à son tour il qualifie de terrorisme. »

On évoquera également ce qu’écrivait sur le sujet le neurobiologiste et philosophe Henri Laborit dans son ouvrage : La Colombe assassinée ( 1983 ) :
« On peut dire que le terrorisme est le langage des dominés, qui ne parviennent pas à se faire entendre…La guerre, le plus souvent, est le langage des dominants. On ne ferait pas la guerre si on n’espérait pas la gagner. Comme affectivement ( et là je n’engage que moi ), je serais plutôt pour la défense de la veuve et de l’opprimé, je serais plutôt aussi pour le terrorisme que pour la guerre, bien que fondamentalement adepte de la non-violence… Mais la guerre est tellement prétentieuse, arrogante, triomphaliste et bête dans ses arguments et les motivations à la recherche de la dominance de la structure socio-économique qui l’entreprend qu’on ne peut être que clément envers un terrorisme qui ne cherche généralement pas la dominance puisqu’il ne fait pas la guerre, mais seulement à signaler qu’il existe quelque part des dominés, esclaves, prêts à donner leur vie, obscurément, sans avoir leur nom sur un monument aux morts, sans décorations, récompensant leur « courage », mais simplement parce qu’ils en ont « ras le bol » de la justice des dominants. »

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L’EL le "Cheval de Troie" des USA ? (3)
samedi 11 juillet 2015 à 16h00 - par  Olivia DUNE

Sur le concept de civilisation

A propos de l’expression du Premier ministre « guerre de civilisation » dans la citation ci-dessus – déjà utilisée par Sarkozy – il est nécessaire de la recadrer au risque de créer des amalgames dangereux dans son association, comme on a déjà pu l’entendre et le lire, avec des mots à connotation religieuses, tels : civilisation judéo-chrétienne ou arabo-musulmane.
Soyons clairs ; le religieux, c’est-à-dire l’ensemble des trois monothéismes, n’a dans ses arcanes et dans sa pratique aucune des propriétés requises pouvant conduire à l’apparition et au développement d’une civilisation.

Déjà Dieu, du moins l’idée d’un Dieu, et même des dieux, est bien postérieure à la mise en place par les hommes selon les milieux, de créations langagières, techniques, artistiques conduisant à des formes de sociétés organisées, annonciatrices de civilisations. ( L’art pariétal en témoigne ).

Ensuite, dès la collusion entre les gouvernements et le religieux , ce dernier imposa sa loi, celle du Livre ( Bible, Evangiles et Coran ), de la vérité révélée : la Terre est plate et elle est au centre de l’univers, Dieu l’a dit…etc,. etc,…et quiconque pensait différemment, c’est-à-dire les chercheurs, les scientifiques, les hommes de lettres, les mathématiciens, les architectes, les philosophes, bref, les hommes de raison, porteurs de progrès, de rencontres, de communications, donc de civilisation, n’ont cessé d’être pourchassés, pendus, emprisonnés et de voir leurs œuvres interdites ou brûlées.

Aujourd’hui, les choses ont changé, mais ne nous y trompons pas les fourbes et leurs anathèmes sont toujours présents. Donc refusons tout amalgame car on en arriverait bientôt à se demander si la liberté de penser, droit naturel des hommes, ne serait pas réservée aux seuls croyants.

La guerre dont parle le Premier ministre a une réalité, une seule réalité ; elle est comme toutes les guerres : économique ; son but : l’appropriation par la force colonisatrice de sources de richesse, pétrole, gaz, entre autres, aux dépends de nations dont on voudrait détruire, par le prétexte religieux de Daech, jusqu’à leur civilisation.

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mardi 14 juillet 2015 à 10h41 - par  Le Président

A propos des droits de l’homme, en ce jour, et dans la continuité du sens des « valeurs humanistes universelles » exprimées plus haut.

« On a expliqué à M. Bauer* que ce « caractère d’homme libre » et sa « reconnaissance » ne sont autre chose que la reconnaissance de l’individu bourgeois, égoïste et du mouvement effréné des éléments spirituels et matériels qui forment le contenu de sa situation sociale, le contenu de la vie bourgeoise d’aujourd’hui ; que les droits de l’homme ne libèrent donc pas l’homme de la religion, mais lui assurent la liberté de religion ; ne le libèrent pas de la propriété, mais lui procurent la liberté de propriété  ; ne le libèrent pas de la nécessité de gagner sa vie de façon plus ou moins propre, mais lui accordent au contraire la liberté d’entreprise.

On a démontré comment la reconnaissance des droits de l’homme par l’État moderne ne signifie pas autre chose que la reconnaissance de l’esclavage par l’État antique. La base naturelle de l’État antique, c’était l’esclavage ; celle de l’État moderne, c’est la société bourgeoise, l’homme de la société bourgeoise, c’est-à-dire l’homme indépendant, qui n’est rattaché à autrui que par le lien de l’intérêt privé et de la nécessité naturelle, dont il n’a pas conscience, l’esclavage du travail intéressé, de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d’autrui. L’État moderne, dont c’est la base naturelle, l’a reconnue comme telle dans la proclamation universelle des droits de l’homme. Et ces droits, il ne les a pas créés. Produit de la société bourgeoise, poussée par sa propre évolution, à dépasser les anciennes entraves politiques, il ne faisait que reconnaître quant à lui sa propre origine et son propre fondement en proclamant les droits de l’homme. »

Karl Marx

Karl Marx-Friedrich Engels, La Sainte Famille, 1845, Éditions sociales, 1972, p. 138-139.

*Théologien, philosophe et historien ( 1809 -1882 ) « Il faut nous émanciper nous-mêmes avant de pouvoir émanciper les autres. »

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