Mosquée de Mantes-la-Ville : le maire désavoué par la justice

jeudi 27 août 2015
par  Le Président

Les médias nous ont informés ces jours-ci ( 20-22-24 août ) qu’une nouvelle affaire portant sur la laïcité était en cours à Mantes la Ville, dans le département des Yvelines.

L’affaire oppose la municipalité à l’Association des musulmans de la ville ; motif : cette association souhaite acheter un local appartenant à la commune ( 600 000 € ) pour en faire une mosquée, accord qui avait été donné, mais non arrêté, par la précédente équipe municipale.

Nous précisons tout de suite que nous restons, parce que ce n’est pas dans les buts de notre association, à l’écart de toute référence portant sur les options politiques de chacun.

Or, le nouveau conseil municipal dans « l’intérêt général » a opté pour que ce local devienne celui de la police municipale et a préempté cette décision par un vote.
L’affaire vient devant le Tribunal administratif de Versailles, celui-ci informe le préfet des Yvelines qui signifie au Tribunal, par référé, de presser l’affaire, car il doit quitter ses fonctions à la fin du mois et il donne alors rapidement un avis favorable pour que ce local soit affecté à l’établissement d’une mosquée, arguant que « l’intérêt général n’était pas suffisamment motivé » et que selon lui « la protection de l’exercice du culte est une composante de la laïcité. » L’audience elle-même, est alors repoussée à une date ultérieure.

Étonnante réponse que celle du préfet ; Bien entendu la loi de 1905 garantit le libre exercice des cultes, avec tout ce que cela comporte, dans l’intérêt de l’ordre public, mais pour autant elle ne dit pas qu’elle en protège l’exercice d’une manière ou d’une autre puisqu’elle n’en reconnaît aucun en particulier. C’est donc là, nous semble-t-il, une insinuation toute personnelle de la loi sur la laïcité, qui ne peut être retenue pour sa pertinence dans le sens où Monsieur le préfet Erard Corbin de Margoux l’entend dans cette affaire.

On fera remarquer que cette commune est attenante avec celle de Mantes la Jolie, où il existe déjà une Grande Mosquée de 3000 m2, sur deux niveaux, permettant d’accueillir un bon nombre de fidèles.
Enfin, mais cela nous l’avons suggéré depuis 2006 ( voir ici les articles ou commentaires ) il y a dans ses communes, comme dans les 36 000 autres de notre pays, des édifices religieux : églises, basiliques, chapelles, couvents, etc., qui ne sont occupés que quelques heures par jour, quand ce n’est pas par semaine, ou même pas du tout, par quelques fidèles seulement ; et que donc ces édifices peuvent, puisque pour la plupart ils appartiennent aux communes, être mis à la disposition d’autres cultes, et devenir en quelque sorte des Maisons des Cultes. On éviterait ainsi toutes ces démarches judiciaires qui pèsent et qui encombrent les tribunaux et qui au bout du compte donnent une image négative des cultes.


Commentaires

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Mosquée de Mantes-la-Ville : le maire désavoué par la justice
dimanche 25 octobre 2015 à 23h49 - par  AnDroKtoNe

Je suis tout à fait d’accord avec vous sur l’utilisation/partage des lieux de culte déjà existants et largement sous-utilisés.

AnDroKtoNe une Athée plus que convaincue.

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Mosquée de Mantes-la-Ville : le maire désavoué par la justice
mercredi 9 septembre 2015 à 21h05 - par  Olivia

Étonnante la réponse de monsieur le Préfet Érard Corbin de Mangoux ? 

Pas si sûr au vu de son nom, façonné dans le moule de la noblesse française de l’ancien Régime ; dans ces familles-là il a toujours été de bon ton de caresser les croyants dans le sens du poil ; c’était la monarchie et le roi parlait ainsi : Charles, par la grâce de Dieu roi de France, déclarons, statuons et ordonnons…que Dieu nous fasse la grâce de pouvoir réunir nos sujets et une seule et même bergerie…Alors, il est bien naturel que le « ci-devant » préfet vienne en aide à des fidèles pour la prière. Dieu en est témoin.

Bien que la France soit en république depuis quelque 161 ans, et laïque depuis la loi de 1905 confirmé par l’Article 2 de la dernière Constitution, le préfet pouvait-il, au fond de lui, aller contre une décision favorable à un culte…Ayant conservé ce nom sans la moindre gêne, le moindre embarras ; devenu haut fonctionnaire de la République il n’a pu même imaginer un seul instant que son nom, tissé par les fils de l’aristocratie, pouvait être une insulte à la République.

Souvenons-nous, Monsieur le Préfet…
Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, lui aussi grand monsieur, auteur d’un remarquable Plan d’Éducation nationale que Robespierre lut devant la Convention, retira le titre de noblesse : de Saint-Fargeau de son nom, dès le décret de l’Assemblée nationale du juin 19 juin 1790 supprimant la noblesse et les titres de noblesse ; il vota aussi la mort du roi, et pour cela il fut assassiné, quatre mois après la proclamation de la première République française, le 2 pluviôse an I (21 janvier 1793) par un fanatique royaliste !

Et rappelons à tous nos citoyens que le sens de ce décret sur l’abolition des titres de noblesse, est toujours actuel puisqu’il est implicitement contenu dans l’Article premier de la déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 août 1789 : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
La déclaration des droits étant en Préambule de la Constitution de la 5ème République.

Olivia DUNE