Enquêtes EPJT : Athées sans communauté

mardi 13 octobre 2015
par  Le Président

En 2014 trois étudiants de la réputée Ecole Publique de Journalisme de Tours ( l’ EPJT ) nous avaient contactés à propos d’un enquête qu’ils menaient sur « l’athéisme ».

Nous avions volontiers répondu à leurs questions en souhaitant que, parvenus en fin de travail, ils nous en informent – restant toujours aux aguets de qui et comment aborde ce sujet – cela afin qu’éventuellement nous en signalions son intérêt en l’évoquant sur notre Site.

L’enquête étant en ligne sur la toile, comme on dit, nous en avons pris connaissance et en donnons à la lecture quelques extraits.

Le 24 décembre, nuit de Noël , des milliers de Français prennent le chemin des églises pour célébrer ensemble la naissance de Jésus-Christ, à l’origine du christianisme. Mais les messes de minuit n’ont plus les fastes d’antan. Plus généralement, le nombre de croyants, toutes confessions confondues, s’érode. Les athées seraient désormais sur le point de les dépasser : ces derniers représenteraient aujourd’hui un Français sur trois. Des rassemblements non-croyants tentent même de surfer sur la vague athée. En vain, car l’athéisme reste une position complexe, entre indifférence et bricolage spirituel.

Mais quelle mouche a donc piqué les athées ? Rassemblements dominicaux, célébrations de la joie, auraient-ils eu une révélation ? Sacrifieraient-ils au culte d’une nouvelle divinité ? En fait, pas vraiment. Que les églises se rassurent, ils n’ont pas encore leur chapelle. Pragmatiques et rationnels, les non-croyants cherchent avant tout une meilleure visibilité, une organisation pour peser dans le débat avec les religions.

C’est peine perdue si l’on en croit Eric Vinson, professeur du fait religieux à l’Institut de sciences politiques de Paris : « Il n’y a pas de rassemblement possible sans symbole commun.  » Une vision partagée par les institutions. En 1988, l’Union des athées a sollicité l’État pour être reconnue en tant qu’association cultuelle. Mais le conseil d’État a rejeté la demande, se refusant à considérer l’athéisme comme un culte. Depuis, le bureau des cultes du ministère de l’Intérieur affirme ne pas avoir reçu d’autres demandes de ce type.

Sanderson Jones, cofondateur des Sunday Assembly, espère développer sa version de l’athéisme dans le monde.

Certes, ils sont plus fortement représentés que jamais dans la société. Près d’un Français sur trois ne croit pas en Dieu*. Plus précisément, 29 % des Français se disent athées alors qu’ils n’étaient que 14 % en 2005. Les athées seraient en passe de dépasser les croyants, qui ne représentent qu’un peu plus de 30 % de la population quand le dernier tiers regroupe les indécis. Aussi, depuis septembre 2014, des réunions areligieuses tentent de s’implanter en France .

Importées d’Angleterre, les Sunday Assembly, qui signifie littéralement « assemblée du dimanche », proposent aux non-croyants de se réunir lors d’une messe sans Dieu où l’on célèbre la joie de l’instant présent. « Dieu n’a plus aucun sens pour moi. En venant ici, j’espère rencontrer d’autres personnes qui partagent ma position pour pouvoir échanger », souffle Yann, 43 ans, rencontré lors de l’un de ces rassemblements d’un genre nouveau. Ces Sunday Assembly seraient-elles alors la solution pour les athées désireux de se rassembler et de développer des valeurs communes et positives ? Rien n’est moins sûr. « Si le partage de la joie constitue le seul critère de rassemblement, on peut aussi se réunir chez Mc Donald’s, commente Éric Vinson. Les assemblées du dimanche renvoient davantage à un phénomène de mode. On est dans la parodie où l’on singe les pratiques des croyants. » Et ce n’est pas du goût de tous les athées. Bertrand Duffort, président de l’association Athéisme international, assure qu’associer église et athéisme est un oxymore : « On ne fait pas un culte de l’athéisme. »

« Les athées sont comparables aux anarchistes »

Il faut d’abord s’entendre sur la définition du terme. L’athéisme est « une prise de position philosophique affirmée qui rejette toute croyance en un être surnaturel tout puissant et créateur de l’univers », explique Georges Minois, auteur du Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques et autres mécréants (Albin Michel, 2012).
Selon lui, les tendances affichées dans les sondages ne reflètent pas la réalité. « Ces estimations sont trompeuses. On observe surtout un recul du christianisme et la progression d’un certain “ indifférentisme” plutôt que d’un véritable athéisme. »


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