Littérature

vendredi 4 décembre 2015
par  Le Président

Nous avons reçu gracieusement de son auteur cet ouvrage poétique, que nous portons bien naturellement à la connaissance de tous, sachant, comme aimait à le dire Jacques Prévert que : « La poésie est partout comme Dieu n’est nulle part. »


Cette suite d’aphorismes, qui sont assemblés en forme de poèmes, étonne et détonne. Elles viennent d’un athée, incontestablement, qui ne s’en laisse pas compter par les illusions religieuses. D’où la présence absolue de la mort, car « tu n’échapperas pas au destin », et l’idée que la vie n’a pas de sens intrinsèque mais que « pour transcender l’absurdité » il faut être en « quête du non-sens ». Ce nihilisme métaphysique ne sombre donc pas dans un nihilisme pratique : l’art est « un remède » et il y a le lien inter-humain : « jouir de l’existence, c’est jouir avec les autres ». Quant à l’amour, l’auteur en parle avec discrétion, sans le surestimer ni le dévaloriser, mais en l’associant à l’estime : « Malheur à celui qui ne peut aimer sans estimer ! » Enfin, il y a les valeurs humanistes, que l’athéisme ne supprime pas, au contraire, leur enlevant seulement l’hypocrisie dont la religion ou l’égoïsme humain les enrobent souvent : « Dignité et vanité sont deux choses différentes » et « Il faut mettre le devoir au service de l’humanité au lieu de renoncer à l’humanité au nom du devoir ». Décidément, le recul que permet l’incroyance n’est pas totalement désespéré et désespérant. Car comme l’auteur le dit magnifiquement : « Dérision n’est pas déraison ».

Yvon Quiniou


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