1905-2015

mercredi 9 décembre 2015
par  Atheïsme International

Ce 9 décembre 2015
il y a 110 ans exactement
était votée par la Chambre des députés de la République


la Loi de Séparation des Églises et de l’État
 
déjà annoncée comme une nécessité
par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
du 26 août 1789
puis confirmée par le Décret du 3 avril 1871
de la Commune de Paris
dont
les Principes définissant la laïcité
demeurent encore en vigueur aujourd’hui
 
Principes permettant un vrai vivre ensemble entre tous les citoyens
la République ne s’ingérant plus dans les affaires religieuses
et les religions n’ayant plus à s’ingérer dans les affaires publiques
 
Cependant, l’histoire montre que des gouvernements successifs
se sont efforcés et s’efforcent encore de saper cette loi commune
pour satisfaire des ambitions politiciennes
 
De Pétain à Hollande, de de Gaulle à Mitterand et Sarkozy
parfois avec la complicité de l’ensemble des formations politiques
les Principes et autres Articles
sont régulièrement l’objet de compromis ou sont dénaturés
 
Aussi en cet anniversaire nous appelons tous les citoyens
à redoubler de vigilance et d’action
et de rappeler aux élus qu’il est de leur mission de respecter
et de faire respecter la loi dans son intégralité
et
aussi aux citoyens eux-mêmes de faire preuve de civisme et de civilité
chaque fois qu’il y a manifestement atteinte à l’esprit de la loi.


Commentaires

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1905-2015
mercredi 24 février 2016 à 10h20 - par  Le Président

Le journal l’Humanité organisait ce jeudi soir 18 février, dans le cadre de ses « Agora » un débat sur la laïcité, sous la grande et belle coupole Niemeyer du Siège national ( désormais en partie seulement ) du PCF à Paris. Pour l’occasion étaient invités Jean-Paul Scot économiste mais aussi historien de la laïcité et Régis Debray auteur d’une espèce de pense-bête étonnant de futilité sur le sujet.

L’historien fit un rapide rappel de la création du fait laïque en France depuis la Révolution française jusqu’à aujourd’hui ; cependant il ne cita pas l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme qui portait déjà le sens exact de ce qui donnera ultérieurement le principe « laïcité » ; savoir que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre établi par la loi. » ; s’il rappela, en bon « hugolien », la juste formule d’Hugo dans son discours de 1850 devant l’Assemblée où siégeaient encore des sommités du christianisme : « Je veux l’État laïque, purement laïque, exclusivement laïque…l’Église chez elle, l’État chez lui. », il omit de citer le décret du 3 avril 1871 de la Commune de Paris qui ordonna pour la première fois au nom de la République : « L’Église est séparée de l’État » et « Le budget des cultes est supprimé » ( voir ici même la photo de ce Décret ) ; enfin il parla des inconcevables et fort nombreuses épithètes accolées au mot « laïcité » par ses détracteurs ; mais là aussi il passa sous silence, c’est très regrettable, la position de Marie-George Buffet, qui a surpris tous les communistes laïques en réclamant le 19 septembre 2003 devant le Sénat « L’affirmation d’une laïcité ouverte » ; eux qui ont toujours formé la masse des défenseurs de la loi de 1905, comme en 1959 face à la Loi Debré attribuant des fonds publics à des écoles privées, notamment confessionnelles, et dont il faut exiger l’abrogation.

Au bout du compte on parla beaucoup du religieux, et peu de la loi de 1905.
C’est là pourtant le seul moyen, au monde même, acceptable et efficace pour une vraie coexistence, dans une République, entre ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas.

Quant à Régis Debray – on connaît sa position : inchangée depuis 2002 ! – il a affiché un total refus du sujet, tant il est convaincu que le seul modèle acceptable ne peut être que celui des USA : « la liberté religieuse ». Belle référence que celle d’un pays sans nom, et de « républicains » sans République ! Et belle « liberté », où ceux qui ne croient pas en Dieu ne sont pas considérés comme étant réellement des « êtres humains » !
Pour les républicains français, la « liberté religieuse » c’est NON !
La loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, c’est OUI !
Enfin pour ce qui concerne la valeur du son vade-mecum sur la laïcité, le seul avis que l’on puisse en donner sera la réponse qu’Alceste fit à Oronte sur la qualité de son sonnet : « Franchement, il est bon à mettre au cabinet ».

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1905-2015
mercredi 20 janvier 2016 à 18h48 - par  Laurent Gensac

On a eu droit ce samedi 16 janvier, lors de l’émission de Monsieur Ruquier, On n’est pas couché, grand show médiatico-politico-cancanier, où les invités sont choisis pour leur puits d’érudition et la brillance de leur esprit, on a eu droit donc, à propos de tenues vestimentaires religieuses à une nouvelle, et même inédite, définition de la laïcité.

Vous allez dire que nous raillons, que cela ne se peut, qu’aujourd’hui dans notre République laïque où la raison est nécessairement ce qui unit les hommes, ce qui les fait se comprendre, s’entendre, s’aimer, que cela est faux, que nous nous abusons nous-même ! Que nenni !
Cette définition a été trouvée au débotté, par le très spirituel et brillant académicien Jean d’Ormesson et, avec toute la circonspection qui lui est propre, en pesant bien chaque mot, devant un auditoire en suspens, il l’a formulée ainsi : « Mon opinion est que les gens s’habillent comme ils veulent. »
On en resta ébaubi mais, Monsieur Yann Moix s’empressa de confirmer : « Jean d’Ormesson vient de résumer ce qu’est la laïcité, les gens s’habillent comme ils veulent ! »

C’est là une vision de la laïcité en France trop lapidaire pour être représentative de la loi de 1905 qui la définit réellement ; elle sous-entend en effet, comme cela existe dans d’autres pays, une forme de « liberté religieuse » où chacun affiche dans l’espace public, par son habillement, l’appartenance à une conviction religieuse.

On ne peut que regretter, même si le débat se situe dans un certain populisme paillard, qu’aucun invité présent n’ait été en mesure d’apporter la précision qui fait qu’en France la loi préserve l’espace public de toute empreinte venant d’une religion ou d’une spiritualité quelconque ; qu’elle veille au non-fractionnement de cet espace en sous-espaces communautaires ou religieux.
Et qu’en conséquence l’espace public en France, de par la loi, est un espace non confessionnel, contrairement à d’autres où il est pluriconfessionnel.

Si bien que le port d’un « signe religieux » trop ostentatoire dans l’espace public ne peut être compris que de deux façons : soit il est un acte d’ignorance, soit celui d’une provocation.
Dans le premier cas il se corrige par l’éducation, dans le second par la justice.

GLADIVS LEGIS CVSTOS

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1905-2015
lundi 28 décembre 2015 à 19h02 - par  Le Président

Oui, il est vrai que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 ne faisait qu’ « annoncer » la séparation de l’Église et de l’État, notamment par son Article 10 qui stipule que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »
Cependant il fallut une âpre discussion pour que soit heureusement ajoutée la précision, même religieuses, proposée par Mirabeau !
A cela il faut quand même aussi rappeler que ces droits de l’homme furent, et demeurent encore aujourd’hui dans notre Cinquième République, placés sous « les auspices de l’Être suprême ».
Ce qui fit écrire en 1844 à Marx, puis à Lénine, que cette Déclaration des droits de l’homme ne libéra pas l’homme de la religion, mais lui assura la liberté des cultes.
Mais Marx, la même année définira nettement l’idée de laïcité en précisant que « l’État s’émancipe de la religion d’État en l’abandonnant au sein de la société bourgeoise, tout comme l’individu s’émancipe politiquement de la religion en se comportant avec elle non plus comme envers une affaire publique, mais comme envers son affaire privée. »