Du terrorisme djihadiste dont « La menace est toujours là. » ( Voeux du président de la République, 2016 )

( Voeux du président de la République,2016 )
mardi 12 janvier 2016
par  Atheïsme International

A propos des attentats « terroristes » du 13 novembre dernier à Paris et à Saint-Denis, on lira ci-dessous le texte de l’analyse qu’en a faite le philosophe Alain Badiou le 23 novembre lors de sa Conférence au théâtre de la Commune d’Aubervilliers. ( Seine-Saint-Denis )

Source : http://la-bas.org/

PENSER LES MEURTRES DE MASSE

Voici les intentions de cette conférence :
POUR aider à ce que les meurtres de masse du vendredi 13 novembre, à Paris et à St Denis, soient pensés au-delà des indispensables affects : horreur, barbarie, stupéfaction.

Pour qu’aucune propagande ne puisse s’y opposer fictivement pour s’en servir réellement.

Pour évaluer l’imposture et le péril de ceux qui visiblement se réjouissent, en France ou ailleurs, qu’on puisse enfin crier : « La guerre ! C’est la guerre ! Tous en guerre ».

Pour que d’abjects meurtres de masse ne puissent se glorifier d’avoir à eux seuls plus d’importance et de valeur médiatique et étatique que toutes les recherches rationnelles d’une politique neuve, toutes les expériences de la pensée et de la pratique en direction des vérités à venir.

Pour que les peuples du monde, et singulièrement leur jeunesse, ne soient pas acculés au choix accablant entre un fascisme racialo-religieux et le vide agressif de la domination occidentale, du capitalisme mondialisé et des Etats qui en sont les serviteurs.

Pour en somme que soit surmontée la fausse et meurtrière contradiction apparente du monde qui est le nôtre : entre la modernité monétaire et marchande d’une part et les différentes variantes du gangstérisme traditionaliste de l’autre.

Pour que soit sortie de l’ombre et changée en force la vraie contradiction, qui oppose deux termes dont l’identification est l’entrée obligée pour toute pensée qui s’applique à changer le monde :

1 : le couple guerrier des Etats dominants et des Bandits fascisants, qui ont un intérêt commun à diffuser dans le monde entier une subjectivité de guerre.

2 : les porteurs, par leur alliance à construire, du communisme qui vient : prolétariat international et nomade, intellectuels libres, jeunesse à la recherche d’une vie qui soit grande et vraie.


"Je voudrais parler ce soir de ce qui est arrivé, le vendredi 13 novembre, de ce qui nous est arrivé, de ce qui est arrivé à cette ville, à ce pays, à ce monde finalement.

Je voudrais d’abord dire dans quel état d’esprit je pense qu’il faut parler de ce qui est une atroce tragédie ; parce qu’évidemment, comme on le sait, et comme c’est dangereusement martelé par la presse et par les autorités, la fonction de l’affect, de la réaction sensible est, dans ce genre de situation, inévitable, et dans un certain sens indispensable. Il y a quelque chose comme un traumatisme, comme le sentiment d’une exception intolérable au régime de la vie ordinaire, d’une irruption insupportable de la mort. C’est là quelque chose qui s’impose à tous et qu’on ne peut pas contenir, ni critiquer.

Cependant, il faut tout de même savoir - c’est un point de départ pour la prise en compte de ce que j’appelle l’état d’esprit - que cet inévitable affect, dans ce genre de circonstances tragiques, expose à plusieurs risques, risques que je voudrais quand même rappeler, pour indiquer ce que sera ma méthode."

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Du terrorisme djihadiste dont « La menace est toujours là. » ( Voeux du président de la République, 2016 )
lundi 8 février 2016 à 15h53 - par  Le Président

Sur le capitalisme mondialisé et sur le terrorisme cités par Alain Badiou, on lira, ou on relira, avec beaucoup d’intérêt ce qu’écrivait Georges Labica dans son ouvrage Théorie de la violence, Paris, Vrin il y a déjà sept ans de cela...

« La guerre. S’il est un domaine qui suffirait à lui seul à caractériser la mondialisation, c’est bien celui de l’armement, conventionnel ou sophistiqué, première source de profits, dont on néglige tout simplement la fonction de destruction et de mort. La proclamation par le président étatsunien, George Busch, de « la guerre infinie » s’est convertie en ordre du jour imposant aux nations le clivage entre alliées et adversaires, selon le plus archaïque manichéisme, d’un côté Ormuzd, le Bien, de l’autre Ahriman, le Mal. On remarquera que, venant d’un pays dont la guerre représente depuis sa fondation la modalité d’existence, puisqu’il na cessé de la pratiquer et, de préférence, mis à part le génocide indien et la guerre de Sécession, sur des territoires étrangers, cela n’a rien de surprenant.
Le Moi, nous apprend-t-on en psychologie hegelienne, se pose en s’opposant. C’est, en l’occurrence, ce qui se passe, la figure de l’Autre est nécessaire, quitte à l’inventer, après le peau rouge, le nègre et le chicano ( surtout à usage interne ), et le communisme, voici le musulman, assimilé au terroriste. Il faudrait être sourd et aveugle pour ignorer quel fut l’élément déclenchant, savoir, les attentats du 11 septembre 2001, sur lesquels la lumière ne semble pas être faite. ( 1 )
Leur mondialisation, inversement proportionnelle à leur gravité, et la focalisation sur le Saint des Saints, pour la première fois touché, ont été orchestrées par un tel battage, qu’il est inutile de se demander à qui profite le crime. Au point que quelques mauvais esprits ont pu soupçonner Ben Laden, l’ancien ami, allié et financier d’être toujours membres de la CIA. Il n’était que le reflet, aussi fanatique que son modèle, et avant tout le prétexte à la mise en œuvre de plans arrêtés de longue date de « frappes » contre toute tentative de développement autonome ( ex. la Yougoslavie ) et de main mise sur les ressources énergétiques. Or, la cause des malheurs des Arabes ( et assimilés ) tenait à ce qu’ils avaient le pétrole. Tant pis pour eux. Les conséquences de cette croisade si elles ont d’entrée de jeu ( game is over ) consisté en l’invasion des premiers pays d’une liste non close, Afghanistan, Irak, en attendant l’Iran, la Syrie, la Corée du Nord, entre autres inscrits, ne s’y sont nullement limitées. Elles ont permis, sans autre opposition que quelques rodomontades, d’endurcir encore davantage l’hégémonie étatsunienne sur les assujettis consentants et leur représentation internationale, l’ONU. Dans un monde déjà enserré dans le maillage des réseaux de renseignements et des bases militaires, le discours sécuritaire, converti en idéologie dominante a, de plus, avec le fameux Patriot Act, rendu de fiers services à tous les gouvernements qui l’on fait leur, en même temps qu’il a créé une fort prospère industrie et fait sortir des « experts en terrorisme », comme champignons après la pluie.
Derrière les dispositifs destinés à susciter et à entretenir les frayeurs collectives, afin de s’assurer le ralliement des opinions, tels que la multiplication tatillonne des contrôles dans les transports, singulièrement aériens, et des mesures de préservation des bâtiments publics, ils se sont employés à faire d’un pierre deux coups : modification des codes législatifs dans le sens d’une surveillance accrue des citoyens et d’un alourdissement des sanctions, et, d’autre part, forclusion des préoccupations sociales assorties du contingentement imposé des manifestations revendicatives ( 2 ). La santé de la démocratie sous toutes les rubriques considérées plus haut ne peut qu’en sortir améliorée et les chasses ethniques réduites. Relevons quelques aspects supplémentaires des hostilités en cours : l’appel au mercenariat rétribué ( chèrement ) pour ses compétences militaires ( 3 ) ; l’existence de prisons secrètes et la pratique courante de la torture ; le soutien, comme il était accoutumé en Amérique latine ( Ecole des Amériques, Plan Condor ), des régimes musulmans les plus rétrogrades. Enfin, s’agissant des Etats-Unis, il faut ajouter que tout en profitant de leur position hégémonique, ( une dette monstrueuse qui prouve qu’ils vivent sur le dos du monde entier ), dont ils s’autorisent pour rejeter ou enfreindre les conventions internationales ( résolutions de l’ONU, environnement, tribunaux militaires ) et mépriser les droits humains, dont ils se déclarent les défenseurs. »

( 1 ) Après les Blak Panthers qui avaient mis en cause Busch et Sharon, dernier soupçon en date : « Chavez accuse l’administration américaine d’avoir organisé les attentats du 11 septembre. » ( Novosty / Reuter / AFP ) . Il est significatif que le 5ème anniversaire donne lieu à toutes sortes de spéculations et d’hypothèses qui auraient passé pour iconoclastes peu auparavant. C’est ainsi qu’après les ouvrages, en Allemagne, de Andréas von Bülow, Gerhard Wisnewski et Mathias Bröckers et Andreas Hauss, en France et en Belgique, de Meyssan et Franssen, le même éditeur, Demi-Lune ( Paris ), en annonce 5 d’un seul coup pour septembre.
( 2 ) Cf., parmi les derniers diagnostics en date, celui de Jean-Claude Paye, déjà auteur de La Fin de l’état de droit. La Lutte anti-terroriste, de l’état d’exception à la dictature, Paris, La Dispute, 2005. Egalement Jean-Marc Fédida, L’Horreur sécuritaire, Paris, Dossiers noirs éd. 2006.
( 3 ) Cf. Xavier Renou, La Privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché, Paris, Dossiers noirs, éd. 2006.

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