ENFANCE ET RELIGIONS

vendredi 11 décembre 2009

D’aucuns s’insurgent – avec raison – en voyant des enfants mineures contraintes par leurs parents à porter le hijab, sorte de foulard islamique ; ce qu’on peut considérer en effet comme un non respect des droits de l’enfant, notamment dans sa liberté de conscience au regard de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (ONU, 1989)qui précise dans son article 14 : 1. Les États parties respectent le droit de l’enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion. 2. Les États parties respectent le droit et le devoir des parents ou, le cas échéant, des représentants légaux de l’enfant, de guider celui-ci dans l’exercice du droit susmentionné d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités.

Bien sûr les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants jusqu’à la majorité et comme croyants eux-mêmes ils transmettent ce qu’ils pensent être un bien nécessaire ; il n’empêche qu’il s’agit bien là de l’imposition d’une pratique dont l’enfant n’est pas en état d’en comprendre la signification, et que par conséquent il y a bel et bien manipulation de sa pensée. Il faut espérer qu’avec l’insertion dans le monde de l’adulte et avec l’acquisition des connaissances, surtout dans l’approche critique du religieux, ces enfants sauront s’émanciper et quitter ces oripeaux.

Et que dire alors du baptême, ce rite infligé à l’enfant encore vagissant dans ses langes pour en faire un « enfant de Dieu et de l’Eglise » ; cet acte pratiqué à son insu peut être assimilé purement et simplement à un viol de conscience. Et la plupart du temps dans ce milieu-là suivent ensuite les « Communions »,en aube blanche et brassards immaculés, avant l’âge de la majorité une fois encore, dictées par la catéchèse. Parfois d’ailleurs, après avoir sacrifiés les droits de leurs enfants sur les fonts baptismaux, on retrouve ces mêmes parents vitupérant et fustigeant contre tous ceux qui sur la planète n’observent pas les droits de l’homme et du citoyen.

Heureusement dans bien des cas, l’enfant devenu adulte « ne résiste pas au charme de la raison » et rompt alors tout lien avec Dieu en se faisant débaptiser. Ceci a déjà été évoqué sur ce Site.

Mais que dire aussi de cet autre acte qui mutile l’enfant mâle en bas âge, de préférence dans les huit jours après sa naissance ; ceci dans l’obéissance absolue à Dieu qui souffla à l’oreille d’Abraham : « Et voici mon alliance qui sera observée entre moi et vous, c’est-à-dire ta race après toi : que tous vos mâles soient circoncis » (Gen.17,10)*. Une fois encore le droit « au développement physique, mental, spirituel, social ou moral de l’enfant », est bafoué et s’incline devant une pratique sectaire dégradante. Un jour peut-être quand il aura pris conscience de l’imposture religieuse et de la supercherie raciale, l’enfant devenu majeur s’éloignera de ces sujétions archaïques ; cependant il aura quelques difficultés à se débarrasser de ce traumatisme psychique comme, éventuellement, pour rétablir son intégrité physique. Afin d’éviter ces endoctrinements désastreux pour l’épanouissement de leurs enfants, les parents croyants devraient observer, sinon la Convention Internationale des droits de l’enfant, du moins adopter une attitude laïque au sein de leur famille par rapport à leurs propres convictions spirituelles en n’imposant pas leur croyance, mais attendre que l’enfant majeur décide, en toute liberté de conscience, d’avoir une religion ou de ne pas en avoir.

*La Bible de Jérusalem, Paris, Ed. du Cerf, 1998, p.49


Commentaires

Logo de berlherm
ENFANCE ET RELIGIONS
mardi 22 mars 2011 à 10h05 - par  berlherm

D’après mon expérience personnelle, 70% des membres de ma fratrie (7 sur les 10 enfants de notre baby boum familial) sont restés assujettis à la religion des parents après une éducation contrainte et forcée à la religion. Et je suis le seul véritable rationaliste du lot. Je n’ai jamais aucune discussion rationnelle avec eux sur l’univers, la matière, le temps, la pensée, etc.. Tout ces raisonnements fondamentaux qu’un humain de bonne nature se doit d’avoir avant de mourir, s’il veut être qualifié réellement d’humain.

(Le baptême des enfants sert uniquement au comptage. Il est probable que si l’on additionnait les personnes dûment enregistrées dans toutes les religions, nous serions probablement une bonne vingtaine de milliards d’humains.)

Brèves

4 mars 2014 - Football et laïcité en France

Communiqué de la FFF en date du 01/03/2014
La Fédération Française de Football, Association membre (...)

10 avril 2011 - ENCORE UNE ÉGLISE QUI DISPARAÎT

(AFP du 8. 4. 2011)
À l’avenir à Vandoeuvre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle, ceux qui (...)

6 avril 2011 - UN GESTE DE MAUVAIS GOÛT

(AFP du 6 avril 2011)
Le chef de l’Église catholique belge, l’archevêque André-Joseph Léonard, a (...)