UN PRESIDENT-PREDICATEUR

lundi 15 juin 2009

Chacun a pu écouter, lire et voir le président des Etats-Unis lors de ses visites au Proche-Orient et en Europe, notamment en France pour le commémoration du Débarquement allié.

On reste quelque peu frappé de stupeur tant par sa présence, sa gestuelle, son éloquence très dans le style rhéteur, prédicateur en chaire, que par le contenu de ses déclarations, émaillées en permanence de références à Dieu et aux religions, mais où jamais la raison n’intervient.

Ainsi lance-t-il « Je suis chrétien », ou désigne-t-il le Caire comme « ville éternelle », ou encore cite-t-il la Bible, le Coran et le Talmud pour annoncer enfin que « les peuples du monde peuvent vivre ensemble en paix, nous savons que c’est la vision de Dieu. »

Pour nous républicains laïques ce jargon est insupportable et on comprend mieux l’énorme trésor de liberté que les républicains français de 1905 nous ont légué en classant définitivement les religions comme affaire privée par rapport à l’ Etat.

Mais l’inquiétude demeure car une fois encore cette loi risque d’être remise en question. Il n’est qu’à voir l’attitude d’acquiescement du président Sarkozy lorsque son « ami le président Obama » précisa sa façon de voir les relations entre religion et Etat : « De manière générale je considère que la manière la plus efficace de s’y prendre pour intégrer les gens de toutes les religions, c’est de ne pas réprimer leurs traditions et leurs coutumes, mais plutôt de leur donner la possibilité de participer de manière pleine et entière à la vie du pays. » Opinion qu’il avait déjà annoncée au Caire en exigeant « des occidentaux qu’ils évitent d’empêcher leurs citoyens musulmans de pratiquer leur religion comment ils l’entendent – par exemple en dictant la manière dont une musulmane doit s’habiller. On ne peut pas déguiser l’hostilité à l’égard d’une religion sous le couvert du libéralisme. »

L’observation à faire de la part du chef de l’ Etat français eût été de préciser aussitôt que dans son pays on n’empêche nul croyant de pratiquer sa religion ni de s’habiller comme il le désire, mais que cela a une limite fixée par les lois du 9 décembre 1905 et du 15 mars 2004. Ce qu’il n’a pas fait ; une fois encore il a failli à sa fonction.

C’est pourquoi il nous appartient de prendre toute initiative pour mettre en garde quiconque, de quelque manière que ce soit, tenterait de porter atteinte à cette liberté qui est la base de toute coexistence.


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