République et religions

samedi 11 août 2007

La présence du président de la République et de membres du gouvernement, dont le premier ministre, aux obsèques du cardinal Lustiger est une insulte à la République pour le non respect de la séparation du pouvoir politique des affaires religieuses défini par le principe de laïcité.

Le premier ministre a même déclaré devant les caméras qu’il était venu « pour représenter le gouvernement et pour honorer un homme qui a fait beaucoup pour le dialogue entre les religions et l’Etat ». Nous souhaiterions beaucoup connaître le contenu de ce dialogue ; de toute évidence il ne devait pas porter sur le maintien sans condition de la loi de 1905 ; car on apprend en effet que madame Alliot-Marie a déposé deux propositions devant le gouvernement pour « assouplir » le statut des cultes en France.

Devant de telles atteintes à la laïcité nous réitérons ici notre désapprobation de la présence des représentants du gouvernement et du président de le République à des manifestations religieuses : les religions ne sont pas des services publics. Nous rappelons à ce sujet ce que les Etats Généraux de la France laïque demandaient en 1948 : « que les pouvoirs publics, respectant la séparation des Eglises et de l’Etat, s’abstiennent d’inviter les autorités ecclésiastiques aux cérémonies d’ordre public et que les représentants du Gouvernement s’abstiennent d’assister, à titre officiel, aux manifestations confessionnelles. ».

On peut juger à quel point de laxisme en sont arrivés ces hommes qui nous gouvernent ; au passage, rappelons que le chef de l’Etat avait invité les Petits Chanteurs à la Croix de Bois à interpréter la Marseillaise sur les Champs Elysées le jour du 14 juillet !

Aussi devant une telle déferlante anti-laïque demandons-nous aux élus républicains et laïques de prendre leurs responsabilités en exigeant que les frais de participation du président de la République et des ministres présents aux obsèques du cardinal, soient totalement imputés aux responsables religieux organisateurs de la cérémonie ; notamment ce scandaleux aller-retour Paris-New-York dans la journée de l’avion présidentiel ! Car il s’agit bien là de détournement de fonds publics, puisque jusqu’à nouvel ordre les fonds publics ne peuvent être attribués à des manifestations privées.

Quand on passe des vacances de milliardaire et pour peu qu’on soit un convaincu sincère et fidèle de la foi religieuse, on prend sur soi , en toute humilité, de se rendre à ce qu’on considère comme l’hommage obligé à cet « homme exceptionnel » qui a tant fait pour « l’œuvre de réconciliation entre juifs et chrétiens » ; mais on aura la décence et l’honnêteté de ne pas y associer l’homme public représentant la République française.

Pour le moment la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat est toujours en vigueur et elle doit être appliquée ; mais si le gouvernement, sous les pressions incessantes des communautés religieuses, tente de « l’assouplir » c’est-à-dire de la modifier, ce sera alors une autre paire de manches à laquelle il aura à faire.


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