Laïcité de paix

vendredi 6 janvier 2012

Après la laïcité : « ouverte », « moderne », « positive », « aménagée », « plurielle », « réduite », « de combat », voilà la laïcité « de paix » ; tel est le modèle proposé aux juifs de France le 20 novembre dernier par le Grand Rabbin de France, lors de son intervention devant la Convention nationale du CRIF ( Conseil représentatif des institutions juives de France ).

Le mot en lui-même est fort séduisant, il s’oppose à guerre, donc à toute forme de manifestations d’exigences, de pressions, de dérogations, d’exceptions, de codifications, d’assouplissements, de régimes particuliers vis-à-vis du principe de laïcité définit en France par la loi.

Mais il semble bien que dans le défi d’une « laïcité de paix » lancé par le rabbin, ce ne soit pas exactement dans cet esprit là qu’il exhortait ses ouailles en compagnie de Messieurs Adler, Finkielkraut, BHL et autres éminences ; car il affirmait aussitôt « récuser le laïcisme mou ou militant…qui refuse le respect en privilégiant une tolérance molle, on tolère mais on ne respecte pas la singularité de chacun .Comment dessiner les voies d’une laïcité de paix, à l’opposé d’un laïcisme de combat. » Le rabbin reprend ici le vieux terme de laïcisme mille fois ressassé par les détracteurs de la laïcité, et se place donc de plain-pied dans la même ligne qu’eux. D’ailleurs pour préciser les moyens qu’ils devront mettre en place pour modeler cette laïcité, il n’hésite pas à se contredire en affirmant « C’est aussi cela le combat pour une laïcité de paix à laquelle nous aspirons dans notre pays et en Europe. » La paix par le combat ; ce n’est pas original « Si vis pacem parabellum », et de se référer pour étayer son exposé à l’ouvrage d’un certain auteur, dont le titre est révélateur pour sa position critique : La laïcité dépassée ! Tiens, encore une nouvelle épithète ! Quelle prolixité dans le dénigrement !

Quant aux principes de la laïcité définis par la loi, ils ne sont rappelés à aucun moment par le rabbin ; il se range donc au côté de ses grands frères de l’obscurantisme religieux ( Islamistes et Chrétiens ) pour les accompagner dans la même lutte. Ce n’est pas pour nous surprendre.

L’histoire de la laïcité montre qu’ils ne se sont pas souciés outre mesure d’en faciliter l’édification et de la soutenir ; ainsi le 18 juillet 1948, après l’énorme démantèlement de l’éducation opéré par l’État français de Pétain, lorsqu’il s’est agit de remettre l’école publique et l’État sur les rails républicains, le CRIF ne s’associa pas aux vingt-trois organisations représentant les différentes associations et mouvements qui participèrent aux États géréraux de la France laïque ; pas davantage lors des Lois anti-laïques du 31 décembre 1959, dites lois Debré, toujours en vigueur. Ils n’étaient pas aux côtés de ceux qui défendaient la paix scolaire et sociétale par le respect de la loi de Séparation des Églises et de l’État chargée de promouvoir seulement ce qui est d’intérêt commun à tous.

On le sait l’histoire nous le rappelle, et depuis quelques années surtout, l’intolérance des gens d’Église, de quelque religion qu’ils soient, est toujours prompte à réapparaître si elle n’est pas contrôlée par le pouvoir civil et la vigilance des esprits libres.


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