Casher, Halal et Laïcité

samedi 24 mars 2012

A première vue on pourrait penser qu’il n’y a aucun rapport entre la Séparation des Églises et de l’Etat et l’abattage des animaux propre à la consommation.

Pourtant un lien existe puisque l’un et l’autre de ces deux faits sont réglementés par des lois de la République : ainsi sont définies depuis 1964 les conditions d’abattage des animaux pour l’alimentation, notamment la suppression de leur souffrance lors de la mise à mort par « l’étourdissement » préalable de l’animal ; le principe de laïcité, lui, est inscrit dans la Constitution et par conséquent les lois de République s’adressent à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, ou de religion. Et qu’il est du rôle de l’État de veiller au respect des lois, d’ailleurs nul n’est censé les ignorer.

Or il se trouve que les cultes juifs et musulmans ne sont pas favorables à « l’étourdissement préalable », le récusent même, au prétexte qu’il n’a pas de sens dans le cadre de leur abattage « rituel », dans l’observance de la Torah ou du Coran, comme le soutient le rabbin Gilles Bernheim (1) : « Lorsqu’on parle de la souffrance animale, qu’est-ce que cela recouvre au juste ? La douleur animale existe sans doute lors de l’abattage rituel, mais nous devons en même temps savoir que l’animal peut très peu souffrir, ou ne pas souffrir du tout. Là est le paradoxe, car il n’y a peut-être pas de conscience de la souffrance chez l’animal. D’où l’obligation de différencier l’animal de l’homme…Les animaux ne sont pas capables de comprendre pourquoi ils ont mal, ils ne savent pas où ils ont mal, ni ça va s’arrêter, ou si ça va continuer. Contrairement à l’homme l’animal n’a peut-être pas conscience de sa souffrance même s’il y a douleur. A force d’entendre parler de la souffrance de l’animal, on finit par être convaincu que les juifs comme les musulmans sont en train de torturer les animaux, alors que les mots ne recouvrent peut-être qu’une très faible, ou pas de réalité du tout. Je crois que la première fonction sociale que nous devons assigner à notre société, c’est la surveillance du langage, dont l’impropriété n’est que le symptôme d’une crise culturelle ou religieuse de la dégradation de la société. » et son collègue Serfaty (2) d’ajouter : « Imaginez un médecin qui fait passer un couteau qui ne comporte aucune déformation dans le fil, est-ce qu’il peut s’arrêter sur un nerf et transmettre une douleur ? Jamais. Et bien c’est ce qui se passe dans le mode d’abattage rituel juif. L’étourdissement n’a pas de sens, il n’est pas nécessaire…Nous pensons que le politique ne peut en aucune manière se permettre un jugement ou une opinion critique sur les religions. »

Libre à eux d’exprimer leur croyance, libre à nous de ne lui accorder aucun crédit, surtout à une époque où la biologie vient d’affirmer que le code génétique est le même chez tous les êtres vivants *.

Par contre il est bien entendu du devoir du politique de maintenir le religieux qui relève de la sphère privée, à l’écart de la chose publique c’est-à-dire de ce qui est commun à tous. C’est le cas de la loi. Une proposition de loi sur l’abattage a été déposée par le Sénat en septembre 2010 dans laquelle précisément « l’étourdissement » fait débat. Toute l’attention devra être portée sur la dérogation ( déjà !) faite aux abattages rituels, car le principe pour le législateur, hors de toute confusion de langage, est que ce n’est pas à la loi à s’adapter aux cultes, mais aux cultes à s’adapter à la loi.

- 1. Convention nationale du CRIF, 20/11/2011
- 2. LCP, 06/03/2012

* LE DOUARIN Nicole, Dans le secret des êtres vivants, Paris, Robert Laffont, 2012.

Le président


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Commentaires

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Casher, Halal et Laïcité
lundi 14 juillet 2014 à 12h29 - par  Nolannm

Joli effort de mise en page lorsqu’on se balade sur votre page internet, de surcroît l’article s’avère être à la hauteur.

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Casher, Halal et Laïcité
mardi 29 octobre 2013 à 11h27 - par  Le Président

Sylvie Goy-Chavent est maire de la commune de Cerdon, dans le département de l’Ain, depuis 25 ans et sénatrice depuis 2008. Elle s’intéresse aux questions de droit international, et notamment à l’étiquetage des produits venant de Cisjordanie, des territoires occupés par Israël. « Des extrémistes se disant de culture juive m’ont menacé de mort. Fin juillet 2013, j’ai porté plainte mais je n’ai pas de nouvelles de ma plainte. Je me demande ce qu’il se passe en France. Les médias ne relaient pas cette affaire. Tout le monde reste silencieux. Les médias sont très orientés en France et je cherche à trouver des moyens pour médiatiser cette affaire car on ne peut plus aujourd’hui travailler sereinement ». Sylvie Goy-Chavent souhaite qu’on réponde enfin au droit international car, selon la sénatrice maire, cette occupation des territoires est illégale et plusieurs acteurs sont alertés sur la question, y compris la communauté internationale. « J’aurais voulu qu’on arrête d’importer des produits venant des territoires occupés avec des étiquettes estampillées Israël. »

« J’ai envoyé à mes collègues, aux 348 sénateurs, un document de travail qui est confidentiel et très rapidement j’ai été contactée par le député des Français à l’étranger qui est basé en Israël. Il était très fâché que je fasse des choses pareilles. Les 27 sénateurs de cette mission, des communistes, des UDI, des PS, des UMP des non inscrits, des Verts... ont pourtant tous voté cette mission ». Sylvie Goy-Chavent explique que les sénateurs avaient 40 propositions, que deux ont été votées, celle consistant à étiqueter les pays d’origines pour les produits à base de viande dans le but de protéger l’élevage français et à mettre un étiquetage signalant de quelle manière les animaux sont abattus. « Cette dernière mesure a agacé la communauté juive et ce fut le prétexte pour m’attaquer », dit Sylvie Goy-Chavent. « C’est une question d’argent. Je ne comprends pas cette excitation de la communauté juive. C’est quelque chose d’intolérable d’être menacée de mort tout l’été, d’être traitée d’antisémite sur les sites extrémistes, d’être traînée dans la boue. C’est intolérable ». La justice française n’est pas intervenue répète la sénatrice, qui n’en revient pas que malgré son statut et sa mission, la justice et les médias ne fassent pas leur travail. La sénatrice souhaite, comme elle le souligne, « de manière non stigmatisante » et simplement dans un souci de transparence, que les mots casher ou halal soient indiqués sur les produits pour que tous les consommateurs en soient informés. On apprend que les sénateurs ou que les élus de l’UDI, contrairement à la base de l’UDI qui est outrée, ne soutiennent pas Sylvie Goy-Chavent franchement.

« Les conditions des religions ne sont même pas observées car toutes les 40 secondes, un bovin est tué. On ne laisse pas mourir l’animal tranquillement ». Cela serait donc une question d’argent et sa mission aurait énormément énervé les communautés qui ont beaucoup à perdre. Pour Sylvie Goy-Chavent, cet acharnement contre elle sur la question de l’abattage religieux est l’arbre qui cache la forêt. Sa demande d’étiquetage des produits des territoires occupés par Israël serait la véritable question : « Le rapport sur la viande a été publié le 19 juillet c’est le 10 juillet que j’ai été insultée. Il y a donc un problème. » Le président du Sénat tenterait, selon les dires de la sénatrice, de la faire taire en lui donnant des conseils. « La communauté musulmane est en phase avec moi. C’est une minorité de la culture juive qui provoquerait tout ça. Le fond du problème est de discréditer une personne qui dénonce l’occupation des territoires par Israël. »

« Aujourd’hui, nous avons à peine 1 % de la population française qui consomme de la viande casher contre 5 % de la population musulmane qui consomme de la viande halal », explique Sylvie Goy-Chavent. « Et 80 % des moutons et plus de 50 % des bovins sont abattus selon un rituel religieux en France ». Le but de la mission de Sylvie Goy-Chavent est que le consommateur puisse savoir comment a été abattu un animal, que le mode d’abattage soit inscrit sur le paquet d’emballage. Sylvie Goy-Chavent soulève une question importante. Comment expliquer que les animaux soient abattus à plus de 50 % pour les bovins et à 80 % pour les moutons selon un rituel religieux sans que la population française en soit avertie, voire même informée ? Et comment se fait-il qu’une minorité puisse dicter à la majorité ce qu’ils doivent manger, et comment ? Des millions de Français se demandent, tout comme cette sénatrice, où va la France. Plus que jamais, la base de la société commence à partager les inquiétudes de certains nos élus.

Olivier Renault
La voix de la Russie 28 10 2013

( Extraits )

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Casher, Halal et Laïcité
mercredi 13 février 2013 à 18h25 - par  Le Président

« Sans le savoir, les consommateurs financent les cultes juif et musulman qui reçoivent une somme pour chaque bête abattue. »

Cette phrase mentionnée dans l’ « Appel au président de la République » ci-dessus nous a vivement interpellés en révélant l’attribution de fonds publics à destination des cultes pour cette pratique rituelle. Et quelle pratique !

Ainsi le principe de laïcité, de séparation de ce qui relève de la chose publique de la chose privée, est une fois encore bafoué. Les religieux n’ont vraiment aucun scrupule, pour maintenir leurs rites insensées.

Nous avons tenté de savoir comment un tel financement peut s’effectuer, et à combien se montent les sommes ainsi versées, compte tenu du nombre important de bêtes abattues.
Jusqu’à présent nous n’avons pas obtenu de réponse.

Cependant Madame la sénatrice nous a confié son effort pour qu’une commission d’enquête parlementaire puisse bientôt être créée afin de débrouiller cette situation ; la question alors de connaître aujourd’hui le montant perçu par les cultes pour chaque bête abattue, est loin d’obtenir une réelle réponse ; d’autant que ces sommes sont vraisemblablement très élevées et qu’elles demeurent, forcément, dans l’obscurité cultuelle des initiés.

Alors si un visiteur du Site, intéressé par le sujet, est en mesure d’apporter des éclaircissements en la matière, qu’il n’hésite pas : les républicains laïques ont soif de vérité.

Pour information, site consultable : www.abattagerituel.com

Logo de Gérard
Casher, Halal et Laïcité
lundi 26 novembre 2012 à 15h42 - par  Gérard

Nous publions ci-dessus, avec son accord, cet "Appel" de Mme GOY-CHAVENT, sénatrice de l’Ain, adressé au Président de la République par voie de presse le 13/11/2012, car nous en approuvons le contenu.

A diffuser sans modération...

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