Salon du livre de Paris - 2012

samedi 24 mars 2012

Nous avons reçu des éditions ALBIN MICHEL et PLON un exemplaire du dernier livre paru de ces auteurs bien connus de nous.

Nous apprécions leur geste et les remercions pour l’intérêt qu’elles portent à notre association.

Cliquer sur l’image ou le texte pour agrandir :

Notre ami Yvon QUINIOU nous a fait parvenir un commentaire circonstancié sur le Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques et autres mécréants de Georges Minois.

Agrégé, docteur en philosophie et membre de la revue Actuel Marx, il a été amené à s’exprimer régulièrement sur le sujet de par ses convictions athées, notamment lors d’une conférence à Nantes en 2002 sur le thème : « Dieu en question ».

Dernier ouvrage paru : L’Homme selon Marx : Pour une anthropologie matérialiste, Paris, Editions Kimé, 2011.

Le Président


Commentaires

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Salon du livre de Paris - 2012
mercredi 27 juin 2012 à 17h09 - par  Gérard

C’est un bel ouvrage, inédit en son genre aujourd’hui, que nous offre ici G. Minois : présenter une riche sélection de penseurs ou écrivains qui, dans l’histoire intellectuelle, ont eu un rapport à l’athéisme : soit l’athéisme strict de ceux qui nient Dieu (ou les dieux) ; soit le scepticisme de ceux qui doutent de son (leur) existence ; soit en fin l’agnosticisme de ceux qui, partant de la conviction qu’on ne saurait ni prouver ni réfuter quoi que ce soit dans ce domaine, s’abstiennent de prendre position. Et, vu que la norme idéologique massivement dominante est malheureusement celle des croyances religieuses et que les incroyants sont systématiquement minorés, ignorés ou décriés, il était bon qu’un dictionnaire s’intéresse à eux et, surtout, leur rende hommage.

On ne saurait lire en continu un pareil ouvrage, y compris pour en rendre compte. On peut seulement le parcourir, vérifier la justesse de telle ou telle analyse concernant un auteur que l’on connaît bien et apprécier l’esprit qui l’anime – sans compter les découvertes que l’on fera ensuite. Du premier point de vue et sachant que toute sélection est partiale, il faut dire que le panorama ainsi fourni est assez complet et bien représentatif : les principaux athées sont là et, en particulier ceux du 19ème siècle comme Feuerbach, Marx, Nietzsche, Darwin, ainsi que les modernes comme Freud, Sartre, Camus ou, plus récemment, R. Dawkins auteur d’un remarquable Pour en finir avec Dieu. On sera par contre un peu étonné de quelques concessions à la mode : Françoise Sagan a-t-elle vraiment contribué à la cause de l’athéisme par Les merveilleux nuages ? Par contre, on sera frustré par quelques absences, révélatrices de l’esprit du temps auquel Minois n’échappe pas : point de marxistes français contemporains comme Althusser ou Sève, ou moi-même (si je puis me citer) qui ai écrit un Athéisme et matérialisme aujourd’hui (Pleins Feux, 2004), lequel a le mérite d’indiquer quelles sont les formes d’athéisme que l’ont peut articuler au matérialisme scientifique. Mais surtout, c’est l’absence de Marcel Conche qui frappe, alors qu’il est, de tous les philosophes athées contemporains, le plus original, formulant un « naturalisme » radical qui lui fait rejeter toute espèce de théologie.

Par ailleurs, s’agissant de la pertinence intellectuelle des notices, j’ai remarqué, pour ce que je connais, leur justesse d’ensemble : par exemple, la position de Darwin est bien respectée puisqu’il a effectivement professé un agnosticisme public par prudence, alors qu’il était devenu à la fin de sa vie réellement incroyant à partir de sa théorie de l’évolution des espèces et du matérialisme philosophique qu’elle impose. Par contre, j’ai été surpris de voir Nietzsche, cet athée intransigeant qui récusait toute transcendance, être qualifié d’« athée sceptique ». C’est oublier que, s’il s’est essentiellement attaché à expliquer les religions par la vie, plutôt que de les critiquer dans leur contenu dogmatique, cette explication par l’origine « humaine, trop humaine » équivalait pour lui à leur absolue réfutation. De même, à propos de R .Girard, Minois se trompe en pensant que son explication de la violence par la rivalité mimétique et le mécanisme du bouc émissaire « ne peut que conduire à l’athéisme » : bien au contraire, elle a amené son auteur à se réclamer de plus en plus de l’Evangile chrétien et de la Rédemption pour y trouver une solution !

Reste enfin l’esprit de cet ouvrage, que j’approuve pleinement. Minois insiste justement sur le fait que l’athéisme n’est pas qu’une position théorique et qu’il a toujours été associé à une lutte contre les religions du fait d’un diagnostic irréfutable : elles ont alimenté le malheur humain de différentes manières, ne serait-ce que par la justification idéologique qu’elles ont toujours apportée aux pouvoirs en place et à la domination de classe. D’ailleurs et sur un autre plan, tous les grands philosophes des Lumières y ont décelé une forme insoutenable d’aberration, issue de l’ignorance et alimentant la superstition : c’est le cas de Spinoza, de Hume et même de Kant qui a su dénoncer une « folie religieuse » dans la valeur morale attribuée par les croyants au rite. Et si elles ont pu avoir des effets positifs et relier les hommes entre eux (voir l’étymologie du terme), c’est en s’opposant violemment entre elles et en se faisant constamment la guerre. C’est pourquoi Minois a raison de qualifier A. Comte-Sponville, l’auteur de la préface, d’« athée soft » du fait qu’il avoue son attachement aux valeurs judéo-chrétiennes qui l’ont formé : être soft dans ce cas, c’est, par-delà le respect compréhensible de l’Evangile, se refuser une critique frontale des religions, dont même Freud – qui y voyait des illusions plus que des erreurs – entendait, par ses travaux, contribuer à libérer les hommes pour les rendre autonomes !

Yvon Quiniou

N. B. : En complément, on consultera, si ce n’est déjà fait, l’anthologie de textes L’opium du peuple, éditée au Temps des cerises par Athéisme international (2008).

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Salon du livre de Paris - 2012
vendredi 30 mars 2012 à 22h14 - par  Gérard

Henri Pena-Ruiz nous a communiqué le texte de son engagement pour le " vote Mélenchon", voir à la rubrique " Présidentiables "

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Salon du livre de Paris - 2012
mardi 27 mars 2012 à 15h20 - par  Le Président

L’ouvrage d’Henri Pena-Ruiz Entretien avec Karl Marx dans la Collection L’Entretien de chez Plon vient à point nommé pour répondre magistralement à tous ceux qui s’acharnent régulièrement depuis des années à démontrer que la pensée du philosophe, économiste et militant communiste allemand est moribonde, désuète, pervertie, obsolète.

Alors que le système capitaliste se mondialise, que l’idéologie capitaliste génère le décervelage systématique des populations, que le néocolonialisme guerrier occidental s’étend pour s’accaparer les biens des nations faibles, ou pour imposer par la force la démocratie capitaliste, les réponses que donne Marx, dans cet entretien paraissent être dites aujourd’hui même.

Cela tient bien entendu à la parfaite connaissance de l’œuvre de Marx par Henri Pena-Ruiz, mais aussi par son intelligente application de cet exercice journalistique ; Marx est là, vivant. Il fascine et il le fascine autant qu’il l’émeut et qu’il nous émeut car le phrasé de Marx est un écrit-parlé ; puis, surpris, Pena-Ruiz précise : ( Marx se rassoit, et me sourit avant de lancer un très bref commentaire qui est comme une invitation à l’analyse.). Véritable didascalie qui transforme alors l’entretien en une œuvre théâtrale en trois actes – L’argent roi, L’émancipation, Un humanisme radical – qui pourrait faire l’objet d’une adaptation et être représentée sur une scène aujourd’hui, et qui certainement attirerait un grand public.

En attendant, livre à lire absolument ; et bien sûr, car c’est l’objet de tout entretien, lire Marx, notamment les ouvrages mentionnés lors de cet Entretien.

Le président

Brèves

7 avril 2015 - Rencontre avec Yvon Quiniou

Rencontre avec Yvon Quiniou
En partenariat avec Espaces Marx
Jeudi 9 Avril 2015
à 20H30 (...)