Respect de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat

lundi 11 avril 2005

Monsieur le Président de la République

Palais de l’Elysée

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75008 PARIS

Le 8 Avril 2005

Objet : Respect de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat

Monsieur le Président de la République,

Lors de votre dernière élection à la présidence de la République nous vous avions informé de notre inquiétude devant l’importance prise par le « fait religieux » dans le domaine scolaire comme dans la vie sociale. Vous nous aviez répondu en confirmant votre attachement aux lois constitutionnelles de 1789, à l’article 1er de la constitution de 1958 et à la loi de 1905, « comme étant les fondements de nos institutions républicaines. »

Cependant les coups de boutoir portés au principe de laïcité furent tels qu’il fallût légiférer en toute hâte pour calmer les esprits et clarifier les confusions.

Or, voilà que des interventions émanant de vous-même, de votre gouvernement, et de quelques autres rallument, à propos de la mort du Pape, ce climat délétère que nous pensions apaisé ; à ce point que nous ne fûmes pas loin de penser que la religion catholique était en passe de redevenir religion d’Etat ! Alors que la France entière est préoccupée par le centenaire de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, soucieuse de paix et d’entente entre ses concitoyens. Ces initiatives, pour certaines pures divagations, sont franchement hors de saison, totalement à contre sens de toute démarche démocratique et républicaine d’avenir en ce début de siècle. Après son passé glorieux, que vous souligniez, de nation émancipatrice, il y a quelque honte à voir la France céder ainsi aux pressions d’une idéologie religieuse.

L’Etat français qui reconnaît et approuve le principe de laïcité, qui considère la religion comme une affaire privée, qui assure la liberté de conscience, ne peut pas, sous le prétexte de ne pas froisser certains fidèles nostalgiques d’un passé remisé, privilégier tel ou tel courant spirituel sans contredire le principe même qu’il défend de stricte neutralité et égalité entre croyants et non-croyants.

En conséquence, nous vous demandons de bien vouloir plutôt porter toute votre attention sur l’importance pour notre pays et pour l’Europe, que doit revêtir la commémoration du centenaire de la loi de 1905 ; qu’elle ne soit pas l’objet, comme certains de vos proches le souhaitent déjà, de tripatouillages pour satisfaire les exigences toujours très pressantes des communautarismes religieux ; cette loi détient un principe non négociable, même si le contexte religieux vient à se modifier. Il est très significatif qu’aux dernières échéances électorales, encore toutes fraîches dans nos mémoires, la France sut s’habiller d’avenir, sauf dans une région où précisément persistent encore des coutumes obscurantistes : les citoyens républicains et laïques ne veulent pas de ces pratiques, c’est catégoriquement NON !

Vous remerciant de votre attention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments républicains et laïques.

- Le Président
- B. DUFFORT


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