Il y a 130 ans…

jeudi 14 mars 2013

Il y a cent trente ans ce 14 mars, Karl Marx mourrait à Londres à l’âge de 64 ans dans l’épuisement physique et la misère.

Pour nous athées, Marx est la référence incontournable, à la fois comme philosophe : « Les philosophes n’ont fait jusqu’ici qu’interpréter le monde de différentes manières. Il s’agit maintenant de le transformer. » ( L’Idéologie allemande, 1846 ), mais aussi comme initiateur d’un humanisme critique, et comme économiste et militant communiste.

Son œuvre a conduit beaucoup d’entre nous à un moment de leur existence à bifurquer radicalement vers une autre conception de la vie, de la société ; même si déjà, Dieu et ses cultes, étaient absents de la production de nos idées.

L’œuvre de Marx, ( et d’Engels, ils ne peuvent être dissociés ), est immense par la diversité de ses cherches et par l’abondance de ses écrits ; en ce sens il est aussi un grand écrivain car la littérature et les arts sont constamment présents tout au long de son œuvre.

Aujourd’hui encore les chercheurs de la MEGA, Œuvres complètes de Marx et Engels, n’ont pas achevé le récolement des textes.

En hommage, à lire ici quelques extraits d’ouvrages de Marx et Engels.

Sur l’athéisme on se rapportera bien entendu, à notre anthologie : L’Opium du peuple.
- Bibliographie de Marx ( non exhaustive ) :

  • La Question juive, 1844 ;
  • Manuscrits de 1844 : économie politique, philosophie
  • La Sainte Famille ( avec Engels ) 1845 ;
  • L’Idéologie allemande ( avec Engels ) 1846 ;
  • Misère de la philosophie ( rédigé en français ), 1847 ;
  • Manifeste du Parti communiste ( avec Engels ) 1848 ;
  • Travail salarié et capital, 1849 ;
  • Les Luttes de classe en France, 1850 ;
  • Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, 1852 ;
  • Contribution à la critique de l’Économie politique, 1859 ;
  • Le Capital, Livre 1er, 1867, Livre 2, 1885, Livre 3, 1893 ;
  • La Guerre civile en France, 1871.

Pour se procurer ces ouvrages voir notamment à Paris les Éditeurs- libraires :
La Dispute ; Éditions sociales ; Gallimard ; Le Temps des Cerises.

"Théorie Matérialiste"

La production des idées
des représentations et de la conscience
est d’abord
directement et intimement
mêlée
à l’activité matérielle
et
au commerce matériel
des hommes
elle est
le langage de la vie réelle
Les représentations
la pensée
le commerce intellectuel
des hommes
apparaissent ici encore
comme l’émanation directe
de
leur comportement matériel
 
Il en va de même
de la production intellectuelle
telle qu’elle se présente
dans
la langue de la politique
celle des lois
de la morale
de la religion
de la métaphysique
etc
de tout un peuple
 
Ce sont les hommes
qui sont les producteurs
de leurs représentations
de leurs idées
etc
mais
les hommes réels
agissants
tels qu’il sont conditionnés
par
un développement déterminé
de leurs forces productives
et
du mode de relations qui y correspond
y compris
les formes les plus larges
que celles-ci peuvent prendre
La conscience
ne peut jamais être autre chose
que l’Êre conscient
et l’Être des hommes
est
leur processus de vie réel
 
Autrement dit
on ne part pas
de ce que les hommes
disent s’imaginent se représentent
ni non plus
de ce qu’ils sont
dans les paroles la pensée l’imagination
et la représentation d’autrui
pour aboutir ensuite
aux hommes en chair et en os
non
on part
des hommes dans leur activité
réelle
 
De ce fait
la morale
la religion
la métaphysique
et tout le reste de l’idéologie
ainsi que les formes de conscience
qui leur correspondent
perdent aussitôt
toute
apparence d’autonomie
Elles n’ont pas d’histoire
elles n’ont pas de développement
ce sont
au contraire
les hommes
qui
en développant
leur production matérielle
et
leurs rapports matériels
transforment
avec cette réalité qui leur est propre
et leur pensée
et les produits de leur pensée
 
CE N’EST PAS
LA CONSCIENCE DES HOMMES
QUI DETERMINE LEUR EXISTENCE
C’EST AU CONTRAIRE
LEUR EXISTENCE SOCIALE
QUI DETERMINE LA CONSCIENCE

( L’Idéologie allemande, 1846 - Critique de l’économie politique, 1849 )

La propriété

La propriété privée nous a rendus tellement sots et inactifs qu’un objet n’est le nôtre que lorsque nous l’avons, et que le capital existe donc pour nous ou est immédiatement possédé, mangé, bu par nous, porté sur notre corps, habité par nous, etc., bref utilisé par nous.

Bien que la propriété privée ne prenne elle-même toutes ces réalisations immédiates de la possession que comme moyens d’existence, comme la vie à laquelle elles servent de moyens, la vie de la propriété privée est le travail et la capitalisation…

La suppression de la propriété privée est donc l’émancipation complète de toutes les propriétés et de tous les sens humains ; mais elle est cette émancipation précisément parce que ces qualités, et ces sens sont devenus humains, au point de vue subjectif aussi bien qu’au point de vue objectif…Le besoin ou l’esprit a donc perdu sa nature égoïste et la nature a perdu sa simple utilité du fait que l’utilité est devenue utilité humaine.

( Manuscrits de 1844 )

En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée.

On nous a reproché, à nous autres communistes, de vouloir abolir la propriété personnellement acquise, fruit du travail de l’individu, propriété que l’on déclare être à la base de toute liberté, de toute indépendance individuelle.

La propriété personnelle, fruit du travail et du mérite !Veut-on parler de cette forme de propriété antérieure à la propriété bourgeoise qu’est la propriété du petit bourgeois, du petit paysan ? Nous n’avons que faire de l’abolir, le progrès de l’industrie l’a abolie et continue de l’abolir chaque jour.

Ou bien veut-on parler de la propriété privée d’aujourd’hui, de la propriété bourgeoise ?
Mais est-ce que le travail salarié, le travail du prolétaire, crée pour lui de la propriété ? Nullement.

Il crée le capital, c’est-à-dire la propriété qui exploite le travail salarié, et qui ne peut s’accroître qu’à la condition de produire encore et encore du travail salarié…

Une partie de la bourgeoisie cherche à porter remède aux anomalies sociales, afin de consolider la société bourgeoise.

Dans cette catégorie, se rangent les économistes, les philanthropes, les humanitaires, les gens qui s’occupent d’améliorer le sort de la classe ouvrière, d’organiser la bienfaisance, de protéger les animaux, de fonder des sociétés de tempérance, bref, les réformateurs en chambre de tout acabit.

Et l’on est allé jusqu’à élaborer ce socialisme bourgeois en systèmes complets…

Les socialistes bourgeois
veulent les conditions de la vie de la société moderne
sans les luttes et les dangers qui en découlent fatalement
Ils veulent la société actuelle
mais expurgée des éléments qui la révolutionnent et dissolvent
Ils veulent la bourgeoisie sans le prolétariat
La bourgeoisie comme de juste
se représente le monde où elle domine comme le meilleur des mondes
Le socialisme bourgeois systématise
plus ou moins à fond cette représentation consolante
Lorsqu’il somme le prolétariat de réaliser ses systèmes
et d’entrer dans la nouvelle Jérusalem,
il ne fait que l’inviter
au fond
à s’en tenir à la société actuelle
mais à se débarrasser de la conception haineuse qu’il s’en fait.

- ( Manifeste du Parti Communiste, 1848– Marx-Engels, )

La crise économique devient manifeste
non par la décroissance directe
de la demande d’objets de consommation
de la demande pour la consommation individuelle
mais par la décroissance
de l’échange entre capitaux
du procès de reproduction du capital.

- ( Le Capital, 1867,Tome1, Livre 1er )

Je ne suis pas amer comme disait Heine, et Engels est comme moi. Nous n’avons aucun goût pour la
popularité. Une preuve parmi d’autres, c’est que durant l’époque de l’Internationale, du fait de mon aversion pour tout culte de l’individu, je n’ai jamais admis les nombreuses tentatives de reconnaissance que l’on me pressait de recevoir publiquement, venant de mon vieux pays. Je ne leur ai jamais répondu, sinon comme hier et aujourd’hui, par une fin de non-recevoir. Quand nous rejoignîmes la Ligue des Communistes, alors clandestine, nous le fîmes sous la condition que tout ce qui pouvait entretenir des sentiments irrationnels vis-à-vis de l’autorité serait expurgé des statuts. 

- ( Lettre à Wilhem Blos, 1877 )


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