Ce qui doit nous unir…

dimanche 28 juillet 2013

Avec « l’affaire » de Trappes, voilà une bonne suite au texte du Président de notre association écrit à Vitry sur Seine le mois dernier dans lequel il signalait qu’une personne portant burqua passa devant le commissariat sans être interpellée, alors que dans la commune des Yvelines le même cas, un mois plus tard, donna droit à une interpellation qui se transforma en affrontements musclés.

Depuis on cherche, tant à gauche qu’à droite ou ailleurs, les coupables de ces débordements.

Les premiers étant bien entendu le couple qui passait dans la rue et dont la compagne était revêtue d’une burqua ou niquab, tenue qui cache totalement le visage, ce qui est interdit par la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public ; l’article 2 précisant que les voies publiques font partie de l’espace public.*

Elle aurait dû écoper d’une amende et retirer immédiatement le tissu dissimulant son visage, en s’excusant, avec son conjoint, de troubler ainsi la tranquillité publique.

Alors pourquoi, pour un fait aussi banal, tant de chambardement…

Il est possible que par ignorance – mais l’ignorance n’est pas une excuse – ce couple méconnaisse la dite loi ; il est certain qu’elle n’a pas fait l’objet, depuis sa promulgation, d’une grande diffusion : les grands medias préférant images et commentaires plus juteux, sauf si ça occasionne des débordements alors ils interviennent, mais en aval. Il serait opportun, dans une vrai démarche éducative et civique d’intervenir en amont ; c’est là, sans aucun doute le rôle des communes, le maire étant le représentant de l’État ; toutes, ou presque, étant équipées aujourd’hui, de moyens d’information modernes, panneaux lumineux par exemple, elles pourraient diffuser régulièrement le texte de cette loi et faire acte ainsi d’instruction civique et républicaine, évitant ce type d’interpellation. On pourra y adjoindre utilement la diffusion de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 toujours en vigueur et extrêmement précieux pour le sujet qui nous préoccupe.

Ou alors on cherchait là autre chose : soit que la police attisât les tensions, maladroitement ou pas ; soit que les religieux fussent poussés par d’autres intentions à propos de l’islamophobie galopante par exemple, soit que des provocateurs bien informés on fait ce qu’on leur a demandé de faire, comme d’habitude. A qui profite le crime.

On sait que la police, même si elle est au service de la République et sous les ordres du ministre de l’Intérieur, n’est pas exempte de dérapages : sans remonter aux « ratonnades » de 1961 et autres, on a encore à l’esprit ces policiers de Bobigny qui « mentirent » en accusant un citoyen d’avoir grièvement blessé un de leurs collègues, alors que c’était l’un d’eux qui en était l’auteur ; cela se passait en 2011 et le ministre de l’Intérieur de l’époque Monsieur Hortefeux les soutenait. Donc acte. Parfois trop de zèle entraîne des réactions difficiles à enrayer.

On sait aussi que dans les manifestations de la droite contre le mariage des homosexuels en mai dernier il y a eu des agressions et des interpellations, et qu’on a pu voir des casseurs en pleine action bien cagoulés où seulement la bouche et les yeux apparaissaient. On est en droit de se demander comment la droite si respectueuse des lois a pu accepter de tels individus dissimulant leur visage dans leur manifestation. Une chose est sûre c’est que dans une manifestation organisée par des forces de gauche, le service d’ordre ou même des participants auraient demandé à ces gens- là, avant toute chose, de retirer sur le champ leur masque.
On sait aussi, pour rester dans le domaine qui nous concerne ici, que les intégrismes religieux quels qu’ils soient – il n’est qu’a observer ce qui se passe en Afrique ou au Proche Orient – ne sont pas une vue de l’esprit et que leurs pressions sur l’État sont réelles en vue de modifier certaines lois dont celle du 9 décembre 1905 précisant le principe de laïcité, notamment en direction des musulmans.

On ne peut pas vivre dans la vie publique comme dans le chez soi sans courir le risque de troubler l’ordre, la tranquillité de la communauté nationale. Il suffit de penser à cela et nous vivrons alors en harmonie et en paix malgré nos différences spirituelles loin de ces querelles que nous condamnons. Ce qui doit nous unir c’est d’agir tous ensemble sur les vraies causes qui taraudent les comportements comme d’exiger le droit au travail, de justes salaires et des loyers décents par une autre manière de concevoir la démocratie autrement que capitaliste, mais en laissant nécessairement tout dogme de religion hors du champ public.

Laurent Gensac


Commentaires

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vendredi 11 juillet 2014 à 16h02 - par  Le Président

Une fois encore la loi nous donne raison et donne raison à tous ceux qui prennent à leur compte la défense de la laïcité en France, et qui s’efforcent de la faire connaître dans ses principes, et de la faire partager par les autres nations.

En effet la Cour européenne des droits de l’homme ( Strasbourg ) vient de confirmer ce 1er juillet la haute valeur des principes de la loi française sur la laïcité, en déboutant la plainte portée en 2011 par une Française musulmane portant un voile intégral dans l’espace public au prétexte qu’elle souhaitait pouvoir s’habiller comme bon lui semblait  ; ceci en application de la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, afin de respecter la tranquillité, la sécurité publique et plus simplement le vrai vivre ensemble de chacun de nous.
Rappelons une fois encore – la répétition est parfois nécessaire dans le domaine de l’instruction – que la laïcité de la République française ne définit pas l’espace public comme un espace pluriconfessionnel, mais comme un espace non-confessionnel commun à tous sans distinctions spirituelles ou autre dans la préservation de l’ordre public établi par la loi.

La loi de Dieu s’arrête là où commence celle de la République ; porter un vêtement qui affiche ostensiblement son appartenance à une religion, ce n’est pas s’habiller comme bon semblerait : c’est vouloir délibérément léser, froisser la sensibilité et la sociabilité acquise dans ce pays, et bafouer ainsi l’espace public par ce qui n’est pas commun à tous, donc contraire à l’esprit républicain.

On pouvait penser que de tels comportements étaient l’expression d’une ignorance en matière de civisme, ou l’imagerie d’une survivance archaïque et déplorable de la superstition ; mais à voir comment les affaires se traitent – celle-ci comme celle de la crèche Baby-Loup – par le biais de la justice, avec ce que cela entraîne comme coût, on ne peut plus douter de la détermination volontaire de sape, sous-couvert de la religion, de la loi républicaine. C’est inacceptable.
Comme est éminemment regrettable aussi la réaction, dans les médias ici et là, des révisionnistes pour une laïcité ouverte, positive, plurielle… que ce jugement rendu par la CEDH attriste ; déçus, contrariés ils rapportent le fait du bout de leurs lèvres ou de leurs porte-plumes, quand il n’est pas carrément laissé aux oubliettes.

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jeudi 9 janvier 2014 à 18h15 - par  Le Président

Encore une fois, confirmation ce 8 janvier 2014 que nous avions raison aussi dans le cas du port sur la voie publique du voile intégral d’une femme à Trappes.

Celle-ci vient d’être en effet condamnée par le Tribunal correctionnel de Versailles à un mois de prison avec sursit et à une amende de 150€. Il nous semble que l’obligation d’effectuer un « stage de citoyenneté » aurait dû aussi être maintenue, par son caractère pédagogique dans la connaissance et l’application du civisme.

Ainsi la preuve est faite que le port ostentatoire d’un signe religieux sur la voie publique de quelque religion que ce soit, est bel et bien un acte volontaire d’intolérance religieuse, l’expression déterminée de suivre seulement la loi de Dieu et de dire non la loi de la République. Et cela est inacceptable.

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mercredi 27 novembre 2013 à 17h55 - par  Le Président

Les lois des hommes ou la loi de dieu

Et voilà le résultat de l’intolérance religieuse ! L’employée de la crèche Baby-Loup qui avait refusé en 2008 de retirer son foulard comme signe religieux, a vu ce mercredi 27 novembre son licenciement confirmé par la Cour d’Appel de Paris.

Avec juste raison, les avocats de la crèche ont déclaré : "Cette décision de résistance marquera l’histoire de la laïcité…Pour nous, cette victoire est d’abord celle d’une idée généreuse, singulière et universaliste, l’idée que ce qui nous rassemble doit être privilégié (par rapport) à l’exacerbation de nos différences, fussent-elles religieuses"…C’est l’affirmation que si la religion est sacrée pour certains, elle n’est pas sacralisée par la République."

Nous nous sommes déjà exprimés sur le sujet mais nous le répétons : un peu plus de civisme et de civilité de la part des croyants – car il n’y a pas que les musulmans qui se fassent remarquer, les juifs et certains chrétiens ou autres sectateurs ne sont pas en reste – on doit pouvoir, aidés par le bon sens, cohabiter sans en arriver à cette extrémité, de perdre son emploi ; pour cela il faut encore savoir si l’on suit les lois des hommes ou la loi de dieu.